L. J. Ch
Ce mardi 29 septembre, fête de St Michel.
Je vous renvoie, ma chère fille, les lettres que vous m'avez envoyées dernièrement, et une plus ancienne de mademoiselle Durand que
j'avais, par mégarde, retenue. J'y joins quatre autres lettres pour vos filles, que je vous prie de lire ; vous y ajouterez ce qui vous plaira. Il y a aussi une lettre pour mon confrère M. la L...
Dans ces lettres vous verrez ce qu'on m'a assuré, dimanche dernier, qu'on avait vu à la Police ma mise en liberté signée de la main du ministre. On me l'a dit en secret et non pas officiellement ; n'en parlons qu'avec discrétion ; en peu de jours nous saurons à quoi nous en tenir. Reste à savoir : i° si l'empereur donnera son consentement ; 2° à quelles conditions.
Que la volonté de Dieu se fasse ! Je suis dans les SS. CC. de Jésus et de Marie, tout à vous.
Je n'ai pas trouvé, dans la lettre de mademoiselle Bourguignon pour vous, celle qu'elle m'annonce pour moi. Monsieur Guépin est d'avis que je la nomme supérieure, et je pense assez comme lui à cause de la grande timidité de mademoiselle Gaillard.
Je souhaite vous revoir chez vous en bonne santé. M. Dupuis, notre cher confrère, pourrait savoir, sans parler de ce que je vous marque, par Monsieur Desmarets, si la nouvelle de ma liberté est fondée ou non.
A Mademoiselle Adélaïde.