L. J. Ch
Ce 4 octobre 1807.
Ma chère fille,
Je vous renvoie vos lettres avec celles que j'avais oubliées. Vous êtes plus au fait de ce qui regarde mademoiselle Rivière et vous pourrez la décider. Pour le don, vous pouvez lui permettre de le recevoir et je n'y vois point d'inconvénient ; si l'on joignait des clauses qui ne lui conviendraient pas, il serait en son pouvoir de se récuser en n'acceptant pas le don.
Votre but, dans le voyage d'Hyacinthe, est en grande partie manqué.
Chargée d'affaires comme vous l'êtes, je ne crois pas qu'il soit convenable que vous profitiez des sermons du P. Charles. Reste à savoir si madame de Chiflet pourra se charger du soin que vous désirez ; ne la pressez pas trop là-dessus.
C'est aujourd'hui que mon sort doit être décidé ; prions, le jour est favorable : c'est le jour du St Rosaire, N.D. de la Victoire.
Si l'empereur ratifie la chose, il est probable que mardi serait le jour de ma sortie. Fiat Dei voluntas.
Je suis, dans les SS. CC. de Jésus et de Marie, tout à vous.
Je vous remercie des deux (mot illisible) ; remerciez bien, je vous prie, madame de Saisseval de ses raisins.
On accepte pour les dimensions du crucifix, mais on insiste sur les bras étendus. Rien ne presse.
A Mademoiselle Adélaïde.
5 octobre 1807.
J'ai quelque espoir de sortir aujourd'hui et je me tiens prêt pour cela ; mais je n'en ai aucune certitude, aussi je vous dirai peu de chose. Les vingt-cinq bouteilles sont à vous, mais je ne veux pas recevoir d'argent, je me crois heureux de pouvoir vous les offrir. Vous êtes vous-même très resserrée ; ainsi, quand je vous verrai, je vous remettrai les deux louis que vous m'avez envoyés avec les trois qui vous restaient à moi. Conservez votre santé, la mienne est très bonne. Je souhaite aussi que celle de M. l'archevêque d'Aix se soutienne. Mes respects et compliments à tout le monde.
Tout à vous dans les SS. CC. de Jésus et de Marie.
Dites à madame de Carcado que je suis bien reconnaissant de toutes les peines qu'elle s'est données. Je suis bien touché du vif intérêt que madame de Soyecourt a pris à ma détention et de ce qu'elle a fait pour ma délivrance.