‹ Lettres du P. de Clorivière, 1787-1814Chapitre 34 sur 116 · L. J. Ch · texte numérisé non relu

L. J. Ch

Ce mardi 3 novembre 1807.

Ma chère fille,

Je vous remercie de votre intéressante lettre et de tous les détails que vous m'y donnez sur votre voyage de St-Germain et sur d'autres bonnes œuvres. Dieu soit béni de ce qu'avec si peu de santé II vous donne la force d'entreprendre tant de bonnes œuvres différentes et d'en venir à bout, d'autant plus que je vois qu'au milieu de tout cela vous ne perdez point de vue la principale de toutes, la Société des Filles de Marie qui vous est spécialement confiée. Je ne crois pas qu'il faille rebuter ni mépriser la jeune fille dont vous me parlez. Son emploi de sage-femme ne sied guère sans doute à une de nos filles, mais il est légitime, on peut y faire beaucoup de bien et, d'après le témoignage de M. son curé, je ne croirais pas qu'on dût l'en détourner. La qualité de Fille de Marie ferait qu'elle l'exercerait encore plus saintement, supposé qu'elle soit capable d'en prendre l'esprit.

Pour madame d'Ecquivilly dont vous parle madame de Rumigny, la chose est extraordinaire, mais elle me paraît venir de Dieu ; et puisque la respectable dame conserve encore toute sa présence d'esprit et que sa vie est exemplaire, je ne crois pas qu'on doive refuser à la grand'maman de deux sœurs, dont la vie et la mort nous ont si

fort édifiés, la consolation qu'elle demande, supposé qu'elle insiste sur sa demande.

Je vous renvoie la lettre de madame de Rumigny ainsi que celle de M. Bacoffe que j'ai lue avec bien de la satisfaction. Elle m'y parle d'une dame Jacoulet, personne très édifiante et qui fait un grand bien, qui a des rapports avec nous mais qui, ayant d'autres engagements, celui d'un mariage au moins apparent, quoique le mari soit absent depuis longtemps, ne peut être des nôtres et d'ailleurs suit une autre règle.

Dieu vous conserve la santé, ma chère fille, et qu'il vous donne des forces que vous employez si bien pour sa gloire. Ma santé se soutient et je suis, dans les SS. CC. de Jésus et de Marie, tout à vous.

Vous m'avez fait plaisir d'accepter les 30 fr.

A Mademoiselle Adèle.

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