‹ Lettres du P. de Clorivière, 1787-1814Chapitre 53 sur 116 · L. J. Ch · texte numérisé non relu

L. J. Ch

Mademoiselle et très chère fille en Notre-Seigneur,

Je profite d'un moment que j'ai pour répondre à votre lettre du 10 novembre. Je l'ai reçue depuis quelques jours seulement à Marseille où je suis, avec votre respectable compatriote et notre digne confrère M. Perrin, depuis environ six semaines. Nous y avons donné trois retraites de dix jours chacune : une aux religieuses et deux aux prêtres de cette ville. La dernière doit finir ce matin, et nous partons demain dès deux heures du matin pour Toulon, où nous comptons

(1) Mgr Lecoz, Évêque Constitutionnel de Rennes durant la Révolution, ayant fait sa soumission à la signature du Concordat, venait d'être transféré de manière régulière et officielle à l'Archevêché de Besançon, mais il restait au sujet de son passé de pénibles souvenirs.

exercer le saint ministère de la même manière. Le Seigneur y verse quelques bénédictions dont je vous prie de Le remercier.

M. Perrin avait remis à Lyon les dix-huit livres dont vous parlez, à celui qui l'avait prié de s'en charger ; sur les difficultés qu'on avait eues à rencontrer les personnes intéressées, il ne croit pas qu'on doive faire aucune démarche ultérieure pour son Exeat... Il vous remercie de celles que vous avez faites et vous présente ses respects.

Faites agréer les miens à MM. Bacoffe et Pochard,. ainsi qu'à xVladame votre sœur et aux sœurs le Faivre et Clerc. J'ose aussi les présenter à Madame Chiflet, ne m'oubliez pas non plus auprès de Madame de Goësbriand.

Tout ce que vous me dites est satisfaisant et en particulier ce qui regarde l'accroissement de notre Société du Cœur de Jésus. A moins que votre Archevêque n'exige quelque chose d'insolite et de peu convenable de ceux qu'il ordonne, nous pensons, M. Perrin et moi, que le Diacre dont vous parlez ne doit pas faire difficulté de recevoir la Prêtrise des mains de son Archevêque qui est au moins extérieurement en communion avec le Saint-Siège. Au reste, nous nous en rapportons à la décision de MM. Breluque (i) et Bacoffe qui sont sur les lieux. Je prends part à l'affliction de Madame de Rouzies.

Il y a de bien bons préparatifs dans cette ville (2) et à Aix pour l'établissement de nos deux Société. Il y a même apparence qu'une petite Congrégation de Prêtres du Sacré-Cœur qui était établie à Marseille se joindra à notre Société et en embrassera les règlements. Le projet est maintenant sous les yeux de Monseigneur l'Archevêque.

Les choses à Paris vont assez bien. A Rouen elles sont dans un triste état ; mais M. Simon et Mme Tougard ne perdent pas courage. Prions beaucoup et adorons les desseins de Dieu. Dès que la chose sera possible, nous nous occuperons de l'impression.

Je suis en union des Cœurs de Jésus et de Marie, votre très humble et très obéissant serviteur. Rivière.

A Mademoiselle d'Esternoz chez Madame de Mercey - rue de la Vieille Monnaie à Besançon - Dép. du Doubs.

Aix, 25 février 1803.

Loués soient Notre-Seigneur et sa Sainte Mère.

Ma chère et très digne fille en N. S. Jésus-Christ,

Je vous ai écrit à votre ancienne adresse parce que vous ne m'avez pas marqué votre nouveau logement. Je vous adresse aussi ma lettre

(1) M. Breluque, après avoir été vicaire général dans un autre diocèse, revint à Besançon où il entra dans la Société du Cœur de Jésus.

(2) Marseille

à M. Pochard, parce que ni M. Perrin ni moi, nous n'avons pu déchiffrer le lieu d'où il date sa lettre. M. Perrin est allé prêcher le Carême à Marseille, et il m'a chargé de vous présenter ses respects et remerciements, et de vous dire qu'il n'a point vu son Exeat. Pour moi je suis resté à Aix, à mon retour de notre petite mission à Arles ; mon adresse est : à M. Rivière, chez Madame veuve Durand, marchande, rue des marchands n° 3. Département des Bouches-du-Rhônes. Le Seigneur a versé ses bénédictions sur notre mission à Arles ; mais pour arriver dans cette ville nous avons couru de grands risques. Il faisait ici un grand froid, le Rhône était glacé et le vent si terrible qu'on n'en voit guère ailleurs de semblable. On le nomme mistral.

J'ai trouvé ici Adélaïde (1) qui vous dit mille choses tendres. Elle a bien travaillé ici pour les Sociétés, mais les craintes du Frère (2) nous empêchent, quant à présent, d'en recueillir les fruits. Le Seigneur a ses moments. Peut-être viendront-ils bientôt. Nous applaudissons l'un et l'autre à votre réunion avec Madame de Chiflet et nous en espérons de grands biens. M. Pochard m'en parle avec une grande satisfaction. Ce qu'il me mande de ses nouveaux confrères est bien satisfaisant. Ce que vous me mandez vous-même des Filles de Marie est propre à nous consoler des nouvelles peu agréables que nous recevons de quelques endroits. Dites à vos sœurs et vos filles combien je suis satisfait des progrès qu'elles font dans la vertu, surtout aux sœurs le Faivre et Clerc. Ne m'oubliez pas, je vous prie, auprès de Madame votre sœur et de Madame de Goësbriand dont vous ne me parlez pas. Je salue bien respectueusement notre très cher et très estimable confrère, M. Bacoffe ; il est plein, je le sais, de l'esprit de Jésus-Christ et je désire qu'il remplisse beaucoup d'autres du même esprit. C'est le seul qui doit régner dans nos deux familles.

Ayez, ma chère fille, plus de confiance en Dieu. C'est lui qui vous a choisie pour gouverner les filles de sa Sainte Mère dans le pays où vous êtes, soyez persuadée qu'il vous revêtira pour cela de son esprit de sagesse et de force. Il vous gouvernera lui-même et gouvernera par vous, dans les sentiers de la perfection évangélique, toutes celles qu'il lui plaira de vous confier. Oubliez-vous vous-même et comptez uniquement sur Dieu.

Je suis, en union des Cœurs Sacrés de Jésus et de Marie, Mademoiselle et très chère fille, votre humble et très obéissant serviteur.

P. J. Rivière P.

(1) Mademoiselle de Cicé.

(2) Monseigneur l'Archevêque d'Aix.

A Mademoiselle d'Esternoz chez Madame de Mercey, rue de la Vieille Monnaie à Besançon, Dép. du Doubs.

Aix, 30 mars 1803.

Loués soient Notre-Seigneur et sa sainte Mère.

Mademoiselle et très chère fille en Notre-Seigneur,

Je n'ai reçu qu'hier votre lettre du 22 février ; elle a sans doute été oubliée au secrétariat de l'Archevêché. Ce n'est pas là qu'on m'adresse mes lettres mais bien celles à Mademoiselle de Cicé. Mon adresse actuelle est à Monsieur Rivière chez Madame Veuve Durand, rue des Marchands n° 3. Vous avez dû recevoir une lettre de moi depuis la date de la vôtre. Elle en contenait une pour M. Pochard qui m'avait écrit par vous une lettre bien consolante. Ne sachant pas son adresse je suis obligé de vous adresser mes lettres, et je vous écris encore à vous-même chez Madame de Mercey. Vous me ferez plaisir de me donner votre adresse directe, celle de M. Pochard et celle de M. Bacoffe.

Je remercie le Seigneur des amples bénédictions qu'il daigne verser sur nos petites familles dans vos cantons. M. Pochard m'avait déjà parlé de sujets très estimables qui s'étaient joints à lui, ou qui étaient sur le point de s'y joindre. Ceux dont vous me parlez sont encore d'un mérite supérieur. Le nom de M. de Chaffoy (1) m'est bien connu ; j'en ai entendu parler avec éloge à plusieurs personnes et en particulier à mon ancien Évêque de Saint-Malo, M. de Pressigny.

Vous avez effacé le second nom, mais si c'est la personne qui me vient à l'esprit et la seule que je puisse soupçonner, j'en aurais de grandes actions de grâces à rendre au Seigneur. Je n'ai pas l'hon-

(1) Monsieur de Chaffoy naquit à Besançon le 7 février 1752. Mgr de Durfort, archevêque de Besançon qui connaissait la prudence, les lumières, la piété du jeune prêtre l'appela au vicariat général de l'Église de Besançon en 1777. En 1790, il quitta Besançon et suivit à Soleure son Évêque exilé. La mort enleva en 1791 ce pieux pontife. Après lui avoir rendu les derniers devoirs, l'abbé de Chaffoy vint se fixer à Cressier (Suisse) sur la frontière de Besançon ; en 1796, il rentra en France et se livra avec ardeur au zèle de sa charité.

Monseigneur Claude Lecoz, une fois arrivé à l'Archevêché de Besançon, offrit à l'abbé de Chaffoy un nouveau titre et de nouveaux pouvoirs ; mais il y avait trop loin des sentiments de l'ancien vicaire général de Monseigneur de Durfort à ceux de l'ancien Évêque constitutionnel d'Ille et Vilaine ; et l'abbé de Chaffoy, content de n'être rien, se retira dans la maison de sa famille à Besançon, rue Sairt Vincent. Là, pendant 15 ans, il se livra dans le silence à toutes les œuvres de zèle et de charité.

En 1817, l'abbé de Chaffoy fut nommé Évêque de Nîmes, c'est là qu'il mourut le 29 septembre 1837.

neur de connaître le troisième, mais ce que vous m'en dites m'en donne la plus haute estime

Saluez, je vous prie, très respectueusement ces Messieurs de ma part et exprimez-leur de votre mieux toute la joie que je ressens, dans le Seigneur, de l'espoir que vous me donnez que bientôt j'aurai le bonheur d'être réuni avec eux dans le Cœur adorable de Jésus. Je sens bien, qu'après Dieu, c'est au zèle de votre digne Père Bacoffe que nous devons ces excellentes acquisitions. Témoignezlui en toute ma reconnaissance, et dites-lui que je prie le Divin Cœur de suppléer à mon insuffisance et de répandre avec effusion sur le sien les trésors de grâce et de douceur dont il est la source.

Ce que vous me dites de la Société du Cœur de Marie est aussi très satisfaisant. Vos vues sur l'hôpital et sur l'autre maison sont très justes et très conformes à la nature et à l'esprit de nos Sociétés. Il est tout-à-fait selon cet esprit : i° Que la Supérieure d'une communauté (i) composée, soit en tout, soit en partie de Filles de Marie, soit aussi regardée comme Supérieure des Filles de Marie qui sont dans la maison, et que celles-ci lui soient subordonnées, sauf le recours en cas extraordinaire aux Supérieurs Majeurs. 2° Que ceux-ci ne puissent ôter les sujets de ces maisons pour en disposer ailleurs ou faire quelque autre chose que ce soit à leur préjudice, l'esprit de cette Société étant de se prêter à toutes sortes de biens et de consolider et de perfectionner toute obéissance légitime, plutôt que de rien exiger, même sous prétexte de mieux, qui serait contraire à cette obéissance. 3° Que si, à raison de quelque institution, comme dans le cas dont il s'agit, il est convenable de porter un habit uniforme, les Filles de Marie peuvent le porter, non pas comme Filles du Cœur de Marie, mais comme membres de cette Institution tandis qu'elles y demeurent ensemble. Mais quand elles vivent séparées, il ne faut plus qu'elles soient distinguées par leur habillement, autrement elles ne seraient point conformes au reste de leurs sœurs et cette différence pourrait apporter de la division entre elles. C'est pour de bonnes raisons que l'uniformité d'habillement a été proscrite ; cependant comme la chose n'est pas essentielle, on pourrait y déroger en certains cas et pour de

(i) Il s'agit là d'une de ces Communautés d'Hospitalières répandues en Franche-Comté dans lesquelles travaillaient un certain nombre de F. de Marie connues comme telles par la Supérieure Hospitalière de la maison, cette Supérieure étant elle-même en union intime avec la Société.

Le cas peut sembler maintenant un peu extraordinaire.

Se rappeler pour en avoir l'explication :

i° Qu'au début de toute fondation, un certain flottement dans la manière d'agir est non seulement légitime mais normal ;

2" Que bien des Hospitalières de Franche-Comté se trouvaient sans vœux religieux par le fait de la Révolution et demandaient à la Société un remède à cette privation en la priant de les agréger à elle, au moins temporairement, ce qui amenait des relations et des contacts intimes et normaux entre F. de Marie et Hospitalières.

certaines personnes, comme on le fait dans la Société du Cœur de Jésus par rapport aux ecclésiastiques ; la raison de leur état l'emporte sur toute autre considération.

Je sens comme vous combien il importe de former de bonnes maîtresses. J'ai toujours désiré qu'il y ait dans la Société des Filles de Marie des personnes destinées à cet emploi ; vous pouvez vous rappeler que nous en avons souvent conféré ensemble et que je vous engageais à ne point rejeter comme vaines les bonnes inspirations qui vous venaient à ce sujet. S'il se présente donc une occasion de réaliser ces désirs, il ne faut pas la négliger. De faibles commencements peuvent avoir des suites très heureuses. Mais il serait tcut-àfait nécessaire qu'on dressât d'abord un plan d'instruction pour diriger ces bonnes filles.

Il est évident que la personne vertueuse et prudente qui est à leur tête doit continuer à les gouverner. La changer, ce serait tout détruire. Si même on jugeait qu'il y eût quelque changement à faire, ce serait par son moyen qu'il faudrait le faire et peu à peu. Pour ce qui regarde en particulier cette personne, je m'en rapporte entièrement à la décision de M. Bacoffe.

On ne reçoit jamais dans la Société des Filles du Cœur de Marie de personne sous la puissance de mari et il paraît que c'est le cas de cette personne.

Je m'en remets à la sagesse de M. Bacoffe ; tout ce qu'il fera je le trouverai bon et je serai censé le faire moi-même pour tout ce qui demande une connaissance locale et nommément par rapport à l'achat de la maison que Mme de Chiflet se propose de faire, etc. Je suis bien persuadé que pour tout ce qui regarde la Société du Cœur de Marie, il voudra bien se concerter avec vous comme Supérieure. Je vous renouvelle toutes les permissions dont vous avez besoin en cette qualité et que je puis vous donner.

Mes respects à M. Bacoffe, à Mme de Goësbriand et à Mme de Chiflet. Ne serait-il pas convenable que cette dame écrivît à Mademoiselle de Cicé, à V Archevêché, à Aix. Je lui ai communiqué votre lettre, et ce que je vous ai dit, je l'ai dit de concert avec elle. Quoique faible, elle se porte bien et a bien soutenu le jeûne et l'abstinence du Carême.

J'ai de plusieurs endroits de bonnes nouvelles pour nos Sociétés. Vous savez qu'elles avaient toujours été persécutées à Orléans. L'Évêque, Monsieur Bernier, leur a donné toutes les permissions qu'elles peuvent désirer et qu'il peut leur donner. A Tours, quelquesuns des principaux ecclésiastiques du diocèse se sont joints à nous. A Nantes, il y en a trois qui ont fait la même chose. A Poitiers, le nouvel Évêque a dû recevoir les vœux d'une Fille du Cœur de Marie, voulant, dit-il, qu'elle fût sa fille et la mienne. Ici nous étions dans

le plus beau chemin, quand tout-à-coup on a voulu examiner de nouveau la bonne œuvre. J'ai reçu depuis peu une lettre amicale de Monseigneur l'Archevêque qui me donne des espérances. La chose se décidera à son arrivée à Aix ; il y sera lundi prochain. Mais je n'ai pas cru devoir attendre pour vous écrire. Oremus pro invicem (i).

Mademoiselle de Cicé souhaite vous dire deux mots et je lui laisse la plume.

P. J. Rivière.

M. Perrin prêche avec le plus grand succès à Marseille. Je désire vous aller voir autant que vous pouvez le désirer vous-même ; mais si l'affaire réussit, je serai encore retenu ici assez longtemps. En attendant je ne suis pas oisif.

Mademoiselle de Cicé ajoute ce qui suit à la lettre ci-dessus : C'est avec la plus grande consolation que je vois, ma chère amie, les bénédictions du Seigneur se répandre avec profusion dans votre patrie et la part qu'il vous donne à tout le bien qui s'y fait. Nous ne sommes pas si avancés que vous, il s'en faut beaucoup. Cependant nous espérons dç la bonté de Dieu que les désirs qu'il a inspirés à un grand nombre de bonnes âmes ne seront pas frustrés. Nous vous ferons part avec bien de l'empressement de tout ce qui nous arrivera. Je vous félicite d'être réunie avec une digne compagne que je crois bien selon le Cœur de Dieu (2) ; je vous prie de l'assurer de tous mes sentiments pour elle. Sans la connaître, je la trouve avec vous et nos autres amies dans le Cœur de notre bonne Mère, à laquelle je m'offre souvent avec vous pour en obtenir la grâce de remplir tous les desseins de son divin Fils. Notre réunion avec les deux maisons, dont vous parlez, me paraît bonne et bien intéressante. Je suis bien aise que notre amie Rosalie ait des compagnes (3) ; je vous prie de lui parler de nous. Je suis bien sensible au souvenir de la sœur Clerc. Soyez bien sûre, ma chère amie, de ma tendre amitié et de mes vœux de tous les instants, pour que vous croissiez chaque jour dans l'amour de notre divin Maître et que vous embrasiez de cet amour et de la charité pour le prochain tout ce qui vous entoure.

Puissions-nous comme je l'espère, chère amie, ne faire qu'un cœur et qu'une âme pour louer le Seigneur. Mille amitiés à Madame votre sœur.

Tout à vous, ma chère Adélaïde, en Jésus et Marie.

(1) Prions les uns pour les autres.

. (2) Mme de Chiflet.

(3) Mme Rosalie de Goebriand. première Fille de Marie de Dôle, fut longtemps seule ; enfin en 1802 Mlle Combarel fit sa consécration et en 1803 elles étaient sept F. de M.

A Mademoiselle d'Esternoz, rue de la Vieille Monnaie à Besançon - Dép. du Rhône.

Aix, ce 16 mai 1803.

Loués soient Notre-Seigneur et sa Sainte Mère. Mademoiselle et bien chère fille en Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Il y a peu de jours que votre bonne amie et la mienne (1) vous a écrit une longue lettre. Ses sentiments pour vous sont les miens et je n'ai pas besoin de vous les répéter, non plus que de vous assurer de plaisir que m'ont fait toutes les bonnes nouvelles que vous lui avez apprises dans votre lettre. Je me réjouis avec vous, dans le Seigneur, de ce qu'il lui a plu de bénir vos soins et de ce qu'il s'est servi de vous pour accroître la petite famille de sa sainte Mère. Je félicite toutes vos compagnes et en particulier Mme de Chiflet, à qui je présente mes respects. Ne m'oubliez pas je vous prie, quand vous en aurez l'occasion, auprès de Mme de Goësbriand et de vos chères sœurs le Faivre et Clerc. Je vous ai parlé dans ma dernière lettre de notre situation dans ce pays, et ce que j'en dis dans la lettre ci-incluse que j'adresse à M. Pochard, mais dont M. Bacoffe pourra prendre d'abord lecture, si M. Pochard n'est pas dans ce moment à Besançon, pourra vous être communiqué. C'est pourquoi je vous l'envoie non cachetée. Comme je l'ai marqué dans cette lettre, j'ai écrit une lettre commune à nos nouveaux confrères (2) qui peut aussi servir, à quelque chose près, à nos chères Filles de la Société du Cœur de Marie qui sont dans le même cas. Elle contient une vingtaine de pages du même papier que cette lettre ; dites-moi si je puis sans risque la confier à la poste sous votre adresse, ou s'il est plus prudent de vous l'envoyer à différentes reprises, ou même sous différentes adresses. Je n'ai pas besoin de vous dire que ces sortes de frais doivent être pris sur la bourse commune. Répondez-moi le plus tôt que vous pourrez, mandez-moi en même temps où nous pourrions descendre à Besançon, M. Perrin et moi ; car il pourrait se faire que nous allions dans ce pays-ci. Peut-être irai-je seul, peutêtre irons-nous ensemble ; cela n'est pas encore bien déterminé non plus que le temps, le tout dépend des circonstances. Mais si mon confrère va vous voir, il ne souhaite pas que sa famille en ait connaissance. Bien des raisons, tant de votre part que de la mienne, demandent aussi que mon voyage et le but de mon voyage ne soient

(1) Mlle de Cicé.

(2) Messieurs d'Aubonne, Loye, Brésard. Vieille. Cette lettre est classée parmi les écrits du R. P. de Clorivière et a pour titre A MM.trèsdignes Prêtres admis depuis peu dans la Société du Cœur de Jésus.

connus que de nos bons amis. Mon adresse : chez Mme Durand, rue des Marchands N° 3 à Aix.

Je suis tout à vous dans le Seigneur.

Rivière.

Adélaïde se porte bien et me charge de vous faire ses tendres compliments.

A Mademoiselle d'Esternoz rue de la Vieille Monnaie à Besançon - Dép. du Doubs

Ce 17 juin 1803.

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