‹ Lettres du P. de Clorivière, 1787-1814Chapitre 54 sur 116 · L. J. Ch · texte numérisé non relu

L. J. Ch

Mademoiselle et très chère fille en Notre-Seigneur,

Je vous avais envoyé la lettre circulaire (1) aussitôt après la réception de votre lettre ; mais j'ai cru devoir auparavant en faire tirer une copie ; notre respectable ami s'est chargé de ce soin, mais il ne lui a pas été possible de finir. Je vous envoie l'original, mais vous aurez la bonté d'en prendre copie, afin que je puisse le reprendre à mon passage, si le Seigneur, comme je l'espère et le désire, me conduit vers vous. La chose est un peu différée. Les circonstances m'avaient déterminé, même avant la réception de votre lettre, à m'en tenir au parti que me conseille M. Bacoffe. Notre Prélat a écrit au Ministre d'une manière favorable ; j'ai lieu de le conjecturer, car il nous a demandé sous quel point de vue notre affaire devait être présentée. Ainsi j'attendrai encore, et si je puis obtenir ce que je désire, je crois que la moisson serait bonne dans ces Cantons ; ce qui différerait nécessairement mon voyage. M. Perrin est parti au commencement de la semaine dernière pour Paris où il doit être actuellement rendu. J'en ai reçu une lettre de Lyon ; il se portait bien alors. Si donc je vais vous voir, je serai seul et je m'en réjouis, parce que je serai moins à charge.

Il sera bien plus agréable pour moi d'être avec des personnes de la famille ; je me félicite d'avance d'être témoin de vos bonnes œuvres et de faire connaissance avec Madame votre compagne (2). Votre amie Adélaïde, vous présente à toutes deux ses tendres compliments. Mes respects à M. Bacoffe et à tous nos chers Confrères et très chères Sœurs.

J'abrège à cause d'un doigt malade.

(1) Lettre à MM. très dignes Prêtres admis depuis peu dans la Société du Cœur de Jésus.

(2) Madame de Chiflet.

Je suis, dans les Sacrés- Cœurs de Jésus et de Marie, tout à vous.

P. Rivière.

A Mademoiselle d'Esternoz Rue Saint Vincent, près le Sauvage A Besançon - Dép. du Doubs

Orléans, Ier novembre 1803.

Loués soient Notre-Seigneur et sa très Sainte Mère,

Mademoiselle et très chère fille en Notre-Seigneur,

Je ne veux pas quitter Orléans sans vous donner de mes nouvelles- Je ne suis pas arrivé ici aussitôt que je comptais ; il m'a fallu près de quatre jours pour m'y rendre de Melun parce que j'ai séjourné tout le dimanche à Montargis. Je suis au contraire resté à Orléans plus longtemps que je n'avais compté le faire, parce que je n'ai pas cru devoir me refuser à la demande qui m'a été faite d'y donner une retraite. Cette retraite est maintenant finie, et hier j'ai reçu les vœux de trois de nos sœurs et de M. Chappelier. Demain, à minuit du jour des morts, je doit partir pour Tours et arriver le même jour qui est le jeudi 3 novembre. J'ai lieu d'être content de mon séjour ici, mais non pas autant que je l'ai été chez vous... (1) Je me promettais de voir ici Mgr l'Évêque (2), mais il a été absent quelques jours. Dès que j'ai appris son retour, je lui ai écrit une lettre de remerciements et pour lui demander audience ; et sans attendre sa réponse, le lendemain, je me suis présenté chez lui. Il était sur le point de sortir et les chevaux étaient déjà attelés à son carrosse. Il m'a fait dire qu'il me ferait savoir quand je pourrais le venir voir ; il ne m'a point mandé et je me suis tenu tranquille. Seulement aujourd'hui qu'il officiait pontificalement à la Cathédrale, j'ai assisté à sa grand'messe et j'ai eu l'occasion de le voir sans lui parler. Il a acquis de l'embonpoint. On dit qu'il a gagné l'affection de tout son peuple ; mais presque toutes ses paroisses sont entre les mains des anciens curés assermentés.

Je jouis d'une bonne santé et je voudrais bien que vous en puissiez dire autant. Mes respects à votre digne et respectable compagne, Mme de Chiflet, et à vos très dignes sœurs Clerc et le Faivre, Daclin, etc. J'ai été bien content de la lettre de la Sœur Royan, et je lui réponds par l'incluse à son adresse. Il y en a aussi une pour

(1) A son retour de Provence le P. de Clorivière venait de faire un séjour en Franche-Comté, en septembre et octobre.

(2) Mgr Bernier qui avait été agent très actif entre le Premier Consul et le Cardinal Consalvi, lors du Concordat.

M. Bacoffe. Priez toujours pour moi et ne doutez pas que je le fasse de bon cœur pour vous.

Tout à vous dans les Sacrés Cœurs de Jésus et Marie.

P. J. Rivière P.

Je suis un peu indécis si de Tours je me rendrai à Poitiers.

A Mademoiselle d'Esternoz Rue Saint Vincent, près le Sauvage à Besançon - Département du Doubs.

Paris, 13 février 1804.

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