L. J. Ch
Mademoiselle et très chère fille en Notre-Seigneur.
Vous avez déjà su mon arrivée à Paris, par Madame votre sœur (1), mais cela ne me dispense pas de vous donner de mes nouvelles et de vous demander des vôtres et de celles de nos deux familles.
En vous quittant, j'ai été à Orléans, d'où je vous ai écrit, et de là, à Tours et à Poitiers. J'ai été parfaitement accueilli du Cardinal Archevêque de Tours et de Monseigneur l'Évêque de Poitiers ; tous deux m'ont accordé bien volontiers ce que je leur ai demandé ; et j'ai donné dans l'une et l'autre ville des retraites publiques dans lesquelles j'ai cru éprouver l'assistance du Seigneur. Les deux familles y sont établies. J'avais compté aller de Tours en Bretagne, mais les lettres venues de Paris m'en ont empêché et ont hâté mon retour. C'est un trait de Providence, car on dit qu'il s'élève des troubles dans cette province et qu'on y voyage difficilement.
Depuis un peu plus de quinze jours que je suis à Paris, j'ai été bien occupé comme vous pouvez le penser ; dès que je serai débarrassé, je m'appliquerai tout entier à retoucher mes écrits. Je recommande à vos prières et à celles de tous nos amis ce travail qui intéresse essentiellement l'une et l'autre famille.
Mes respects les plus affectueux à tous nos chers confrères MM. Bacoffe, Pochard, etc. et à nos chères sœurs Clerc et le Faivre. Donnez-moi aussi, quand vous en aurez le loisir, de vos nouvelles, et dites-nous quel est l'état présent de vos affaires. Mon adresse est : rue Notre-Dame des Champs, maison des frères. J'ai vu ici M. Breluque qui m'a reçu avec toute la cordialité possible. Je ne vous parle pas de la mort de ma sœur la religieuse et de celle de notre confrère M. Simon, à Chartres. Tous deux sont morts en odeur de sainteté.
(1) Mme de Buyer.
J'ai vu Mme de Montjoie qui est en bonne santé. Je demeure avec MM. Bourgeois et Malmaison. Mlle Deshayes est mieux ; Mlle le Jay se porte bien.
Ne doutez pas du sincère et respectueux attachement avec lequel je suis, en Notre-Seigneur, ma très chère fille, votre très humble et très obéissant serviteur.
Rivière.
A Mademoiselle d'Esternoz Rue Saint- Vincent - à Besançon.
7 octobre 1804. (1)