‹ Lettres du P. de Clorivière, 1787-1814Chapitre 56 sur 116 · L. J. Ch · texte numérisé non relu

L. J. Ch

Mademoiselle,

Je ne vous dirai point de mes nouvelles ; je veux seulement vous donner une preuve de mon constant souvenir et de mon respectueux dévouement. C'est une grande consolation pour moi . d'apprendre que Dieu répand ses bénédictions sur vous et sur ce que vous faites pour sa gloire. Votre lettre m'a été communiquée, ainsi que la réponse qu'on y a faite et qui est partie hier, par occasion. Cette réponse m'a paru fort bonne et conforme à mes sentiments. On ne peut pas s'appuyer entièrement sur sa bonne intention, mais c'est un motif d'assurance. On doit dire avec l'Apôtre : Ma conscience ne me reproche rien ; mais pour cela, je ne suis pas justifié.

J'ai vu avec bien de la satisfaction Mme votre sœur. Elle est beaucoup mieux ; mais il faudra qu'elle se ménage bien à cause de sa poitrine. J'écrirai quelques mots à Rosalie (2) par la même occa- . occasion.

Suivons en tout la marche de la Providence. La bénédiction qu'elle répand sur l'œuvre qui regarde les maîtresses d'école montre que c'est à celle-là qu'il faut d'abord s'attacher. Je vous verrais avec grand plaisir à la tête de cette bonne œuvre ; ce serait à la fois rendre service à bien des paroisses, et j'espère que le Seigneur vous donnera grâce pour cela.

Je souhaiterais bien, comme vous, de ces almanachs, mais il paraît qu'il n'est pas encore temps de s'en occuper. Dans les ci'rcor stances actuelles, tout doit se faire en règle et cela demande un peu de temps.

Mes respectueux compliments à Mme votre compagne (3) dont

(1) Le Père était enfermé au Temple depuis le 5 mai.

(2) Mme Rosalie de Goësbriand. *

(3) Mme de Chiflet.

j'ai appris des nouvelles avec le plus vif intérêt. Ayons bon courage et une grande confiance dans le Seigneur ; Il viendra à notre secours dans le temps le plus convenable. Les voies qu'il prend pour parvenir à ses fins sont bien différentes de celles des hommes. Je suis content et paisible, et pleinement résigné à tout ce que Dieu voudra faire de moi. Continuez vos prières, elles me sont bien nécessaires.

Mille choses encourageantes à Sœur Clerc et à SœurleFaivre, ainsi qu'à leurs compagnes. Que Dieu soit glorifié par nous et dans chacun de nous comme II veut l'être ; c'est tout ce que nous devons désirer, et si nous ne désirons que cela, nous sommes assurés de jouir sur la terre de tout le vrai bonheur qu'on peut y goûter, et d'être éternellement et souverainement heureux dans le ciel.

Je suis, dans les Sacrés-Cœurs de Jésus et de Marie, tout à vous.

LETTRES

à Mesdames DE CARCADO et DE SA1SSEVAL

A Madame de Carcado rue Mézières N° 909, Faubourg Saint-Germain, à Paris.

Aix, 30 juillet 1803.

Madame et très chère fille en Jésus-Christ, Loués soient Notre-Seigneur et sa très sainte Mère.

Je souffrais aussi beaucoup de ne point recevoir de lettres de Paris. Je ne suis plus étonné du retard. Les lettres venues par M. d'Astros (1) ont été près de deux mois à nous parvenir ; la vôtre est datée du 5 juin, et il n'y a que deux ou trois jours que je l'ai reçue. Il faut aussi que plusieurs de mes lettres, envoyées par occasion, se soient égarées. Je ne sais si on a reçu ma lettre pour M. Bicheron (2) et celle pour Xarine (3) et celle qui les renfermait. Jamais on ne m'en a marqué la réception ni répondu à d'autres objets. J'avoue cependant avoir depuis quelque temps écrit peu, parce qu'il y a longtemps que pour la bonne œuvre on nous tient en suspens ; on ne refuse pas, mais on remet, on donne des espérances ; et comme je sens qu'il serait important que la bonne œuvre s'établît dans ce pays, et que je vois un assez grand nombre de personnes qui seraient disposées pour l'embrasser, je craindrais de tout rompre par un trop prompt départ. Mais cet état de stagnation fait que je n'ai rien à mander sur ce qui nous regarde. J'espère qu'il finira bientôt, et qu'alors, je pourrai vous marquer sûrement si le bien de la Société exige que je prolonge encore ici mon séjour, ou si je retournerai vers la famille et quitterai un pays où je n'ai fait que semer, sans avoir presque rien recueilli, du moins pour ce qui regarde l'œuvre qui nous a été spécialement confiée.

Vous avez dû recevoir par Monsieur l'Évêque de Vence (4) notre nouvelle lettre circulaire (5) que je vous ai déjà annoncée plus d'une fois, sans qu'on m'ait répondu un mot là dessus. Elle est écrite de la main de votre amie (6). Celle écrite de ma main a été envoyée en Franche-Comté, depuis assez longtemps, sans qu'on m'en ait accusé réception. Votre amie vous a aussi écrit par la même occasion.

(1) Monsieur d'Astros, qui devint plus tard Archevêque de Toulouse.

(2) M. Bicheron, vénérable ecclsiastique du diocèse de Soissons que la révolution avait conduit à Amiens, venait d'y terminer l'éducation de M. le Marquis de Clermont-Tonnerre. Il est mort curé de St Rémy à Amiens, le

(3) Mme de Clermont-Tonnerre.

(4) Mgr Charles François Joseph Baron de Pisani de la Gaude, Évêque de Vence (Var).

(5) A MM. très dignes Prêtres admis depuis peu dans la Société du Cœur de Jésus.

(6) Mademoiselle de Cicé.

Je ne puis qu'applaudir à la bonne œuvre que vous avez entreprise et à laquelle il paraît que Dieu donne sa bénédiction (i). Si elle, devait vous engager dans des embarras d'intérêt et d'argent, dont vous ne seriez plus la maîtresse de vous dégager sans nuire au prochain et à ceux à qui vous vous devez principalement, il n'eût été ni selon la justice, ni selon la prudence de l'entreprendre ; mais vous n'avez point cela à craindre, tandis que vous mesurerez les secours que vous administrerez sur ceux que vous aurez reçus. Tout ce qu'il y aurait à craindre, c'est que ceux-ci venant à tarir, vous ne soyez obligée d'abandonner la bonne œuvre ; mais le bien que vous aurez fait ne sera pas sans mérite, et vous avez pourvu, autant qu'il est possible, à cet inconvénient, par le moyen des assemblées de charité, à l'exemple du grand Saint Vincent de Paul qui est par excellence le Père des Pauvres. Cette œuvre est tout à fait analogue à la tendre charité qui doit être l'âme de nos Sociétés, et quand elle prendrait un peu sur le temps et sur les soins particuliers que -vous donniez à vos chères filles, ce mal ne serait pas trop considérable et l'Esprit du Seigneur y suppléerait. C'est mon sentiment et celui de notre amie.

Je suis, comme vous, sensible à la perte du petit troupeau de Rouen ; mais je ne suis pas sans espérance. Les voies du Seigneur sont impénétrables, et ce troupeau a été dès le commencement, et pendant longtemps, imbu de si bons principes, que j'ai peine à croire que le Seigneur le délaisse et ne le rappelle pas un jour à lui. plus parfaitement encore qu'auparavant. C'est une rude épreuve pour nous tous, mais plus particulièrement pour notre saint Confrère. C'est ainsi que Dieu traite ses bons amis. Leur couronne, ainsi que la sienne, doit être une couronne d'épines. J'ai écrit assez récemment à Messieurs Simon et Frappeize.

Tout le bien que vous me dites de nos chères filles et du zèle de notre respectable Confrère M. Bourgeois me fait un extrême plaisir, et adoucit un peu l'amertume de mon éloignement de vous. Je voudrais en témoigner ma satisfaction à chacune de nos chères sœurs en particulier. Je salue entre autres bien respectueusement et bien affectueusement votre sœur et coassistante Mlle Deshayes. Nous ne devons pas oublier qu'elle a été à Paris la première pierre de l'édifice. Le Seigneur ne l'a pas oublié et saura l'en récompenser bien abondamment. Elle n'a pas été ébranlée au milieu des plus violentes secousses. Son estimable nièce, quoique elle n'ait pas eu le même bonheur, doit aussi nous être très chère. J'adore les volontés de Dieu sur elle. Je salue aussi bien singulièrement Mme Guillemain. La perte qu'elle a faite, quoique sensible à son cœur, n'est pas irréparable. Il peut en résulter un plus grand bien. Je salue aussi Mlles

(i) L'Œuvre des Enfants délaissés, fondée par Mme de Carcado.

Adenis, d'Acosta, Dumangel, Legros, Rosalie, les demoiselle* Bertonnet (i), Potel (2), Cautel, Mouvin, etc., etc. Je ne dois pas oublier non plus de nommer Mlles Bûcher, le Marchand, lesvdeux demoiselles Duchemin (3). Je me rappelle très bien Mlle Cauchois, et je serai charmé d'apprendre qu'elle est Fille du Cœur de Marie.

J'avais déjà vu par la lettre que M. Bicheron m'avait écrite qu'il se décidait pour MM. de la Foi, et je ne l'en ai pas détourné. Que Dieu soit glorifié par toute langue. Ne cherchons que l'accomplissement de son bon plaisir.

J'avais déjà vu par la lettre que M. Bicheron m'avait écrite qu'il se décidait pour MM. de la Foi, et je ne l'en ai pas détourné. Que Dieu soit glorifié par toute langue. Ne cherchons que -l'accomplissement de son bon plaisir.

J'ai lu avec beaucoup d'intérêt les lettres de Xarine. Ses dispositions sont excellentes ; je la crois solidement établie dans le bien et le plus grand bien ; mais il me semble qu'il y aurait à calmer en elle l'imagination et le trop d'activité. La multiplicité des pratiques et des prières n'est pas de mon goût ; elle met l'âme trop en action et nuit à son repos et à son union avec Dieu. L'âme a déterminé d'avance sa conduite envers Dieu, il ne reste plus rien de libre au choix et à l'opération de Dieu dans l'âme. Cependant comme la conduite de Dieu sur les âmes varie à l'infini, pour retrancher considérablement cette multiplicité de prières vocales et de pratiques extérieures, attendez un peu que le Seigneur se soit fait entendre Lui-même au cœur, et qu'il l'invite à se reposer en lui, et qu'il l'appelle

(1) Mlles Bertonnet étaient toutes deux ouvrières en robes et rendirent de grands services à la religion pendant la Révolution ; une pièce de leur modeste logement fut transformée en chapelle ; on y conférait tous les sacrements. Le P. de Clorivière et Mlle de Cicé y firent l'un et l'autre une retraite de dix jours, et le P. de Clorivière y donna aux Filles de Marie une retraite où il prêchait trois fois par jour. Une des demoiselles Bertonnet partagea, la captivité de Mlle de Cicé pendant l'injuste procès qui a fait connaître en elle l'héroïsme des plus admirables vertus. Geneviève mourut le 30 décembre 1842 et sa sœur le 31 juillet 1849.

(2) Les demoiselles Potel étaient trois sœurs qui furent toutes trois de la Société ; elles étaient très estimées du P. de Clorivière et de Mlle de Cicé. Adélaïde fit sa consécration en 1796, ses vœux en 1799 et mourut en 1832 ; Catherine fit sa consécration en août 1796, ses vœux en 1800 et mourut en 1828 ; la troisième nous est inconnue.

(3) Les demoiselles Duchemin furent aussi honorées de l'estime du P. de Clorivière et de Mlle de Cicé. L'une d'elle nous est inconnue ; mais nous lisons dans une lettre que Mme de Carcado écrit à Mlle de Cicé en 1799 que, parmi tous les vœux offerts à la Reine du ciel et de la terre, en cette fête de la Sainte Vierge, ceux de Mlle Duchemin étaient comme ces fleurs modestes et odoriférentes si agréables à Marie par leur simplicité et leur humilité. Telle était Mlle Duchemin en 1799 et telle elle fut toute sa vie. Cette âme si humble, si petite à ses yeux, si obéissante en toutes choses, mourut le 6 janvier

à un recueillement plus intime... Présentez mes très humbles respects à Xarine.

Je suis enchanté de ce qui vous est arrivé au sujet de M. Raymond. Cela nous prouve de plus en plus que, quand on fait les affaires de Dieu, lui-même daigne faire les nôtres. Son nouvel emploi n'est pas par lui-même bien sanctifiant, mais on peut s'y sanctifier. Il est nécessaire dans l'ordre civil et tout le monde n'est pas appelé, comme St Mathieu, à quitter son bureau. Je connais dans une des villes de Provence, un Monsieur qui est chargé d'une recette considérable, qui est d'une piété remarquable et dont la famille est connue sous le nom de famille sainte. Une de ses filles est des nôtres, elle a fait sa consécration, et nous avons avec elle, votre amie et moi, une correspondance fort active.

Votre amie est ici à la tête d'une bonne œuvre dont la fin est à peu près la même que la vôtre. Elle a déjà pourvu au soin de plusieurs petites filles. Pour moi, j'y fais tous les mois deux exhortations où il se trouve assez de monde. C'est un nouvel Institut approuvé comme nous. Jusqu'ici il a été bien accueilli et Dieu l'a protégé. Il est fondé sur la pauvreté. Son Instituteur est connu de M. Perrin comme un excellent homme. Il doit être ici dans trois jours et nous converserons ensemble... Je crois vous avoir dit à peu près tout ce que j'avais à vous dire.

Vous communiquerez votre lettre à M. Bourgeois et il vous fera part de la sienne.

Adélaïde vous écrira bientôt et moi aussi ; s'il n'y a rien de nouveau.

Soyons tous un cœur et une âme dans les Sacrés Cœurs de Jésus et de Marie.

P. Rivière.

Mon adresse : A M. Rivière, chez Mme Perron, rue Villeverte, à Aix. Bouches-du-Rhône.

A Madame de Carcado pour A. C. rue Mézières N° 909 à Paris.

Tours, 22 novembre 1803.

Je ne veux pas quitter Tours, ma chère fille, sans vous donner de mes nouvelles, d'autant plus que je crains que vous soyez dans la peine. Si cela est, armez- vous de courage et de confiance. Cette confiance ne sera point confondue.

Je viens de finir hier au soir, jour de la Présentation de la Sainte Vierge, ma retraite qui a été publique et avec une grande affluence de peuple. J'y ai eu beaucoup de consolations et de fatigues. J'ai lieu de croire que le Seigneur y a versé beaucoup de bénédictions et qu'elle ne sera pas inutile...

J'ai reçu hier les vœux de M. Guépin et une nouvelle consécration d'un excellent ecclésiastique, chanoine, et respecté de tout le monde.

Avec cela, et mes deux exercices publics, dont l'un a été le renouvellement des promesses du baptême et l'autre sur la persévérance, j'ai encore donné un discours aux religieuses pour le renouvellement de leurs vœux ; ce qui m'a beaucoup fatigué. Aujourd'hui je suis bien remis et je vais encore prêcher ce soir aux religieuses rassemblées. Demain, s'il y a place dans la diligence, je partirai pour Poitiers, vers les deux heures après-midi. Ce soir, nous attendons dans cette ville M. Perrin ; je pense bien qu'il pourra m'apporter une lettre de vous. Mes respects à tous nos amis et amies. N'oubliez pas ma sœur, Madame la Supérieure et Madame de Montjoie, ni Cécile dont c'est aujourd'hui la fête.

Je suis dans les Cœurs de Jésus et de Marie, ma respectable et très digne fille en Notre Seigneur, tout à vous.

Rivière.

M. Guépin vous offre ses respects. , Je viens de voir une jeune personne qui pourra être de vos filles, ce serait la première dans ce pays.

Juillet 1804.

Ne soyez point trop en peine de moi (2). Je me porte bien à présent •t ce que je souffre est assez peu de chose ; s'il plaisait au Seigneur de m'envoyer de plus grandes souffrances, de plus grandes humiliations, comme j'en ai quelquefois la vue, il me donnerait, dans sa miséricorde, plus de grâces pour m'aider à les supporter, non seulement avec patience, mais avec joie. Il vous faut aussi de la p^ience ; demandons-la réciproquement les uns pour les autres. Cette croix nous est commune, recevons-la de la main de notre Père ; c'est lui qui nous l'envoie pour des desseins qui lui sont connus et qui tous tendent à sa plus grande gloire, et au plus grand bien de ceux qu'il aime. Je ne puis en douter non plus que vous ; abandonnons-nous

(1) Adèle des Faures. (Madame de Carcado.)

(2) Le Père écrit de sa prison du Temple.

sans réserve à son bon plaisir ; qu'il fasse de nous ce qu'il lui plaira, c'est notre devoir, notre bonheur et notre gloire d'obéir et de conformer en tout notre volonté à la sienne. Le divin Chef des élus a paru succomber sous les coups de ses ennemis ; ceux-ci ont triomphé ; ses amis ont été dans les larmes. Mais c'est en paraissant succomber qu'il est entré dans sa gloire et qu'il a terrassé ses ennemis et les a foulés pour toujours sous ses pieds. Quand nous serions traités de la même manière, aurions-nous à nous en plaindre ? Peut-il y avoir pour nous, même dans le ciel, de sort plus honorable que celui qui nous donne plus de ressemblance avec Jésus souffrant et humilié ?

Vous savez ce qui m'intéresse le plus au monde. Ce qu'on m'en dit est consolant, et je prie le Seigneur de jeter un œil de bienveillance sur son petit troupeau. Mais je ne voudrais pas me permettre d'avoir à son sujet aucune inquiétude. Je ne pourrais lui faire du bien, qu'autant que le Seigneur voudrait se servir pour cela de mon ministère, et j'ai, quant à présent, l'assurance du contraire. C'est son œuvre, il n'a pas besoin d'un bras de chair pour la soutenir et la faire fructifier et, s'il le veut, il peut à son gré susciter des instruments plus dignes de lui.

Je ne sais pas quel est cet homme respectable qui veut bien s'intéresser à mon affaire et se donner bien des soins pour moi. J'en ai la plus vive reconnaissance, et je prie le Seigneur de le combler de ses plus douces bénédictions dans cette vie, et d'être lui-même sa récompense infiniment grande dans l'autre. Je m'en rapporte à sa prudence, et je ne voudrais pas qu'on mît trop d'empressement dans les services qu'on a dessein de me rendre.

Consultez Dieu avant d'agir. Conservez votre santé pour le bien d'un grand nombre. Je salue respectueusement tout le monde et chaque personne en particulier. Je me recommande instamment aux prières de tous. La Notre-Dame du Carmel m'a rappelé spécialement la rue Vaugirard (i). Je souhaite qu'on s'y souvienne de moi devant Dieu, ainsi qu'en deux endroits, rue des Postes (2).

A Madame de Carcado

Ce vendredi 27 décembre 1805.

La brièveté m'a fait omettre bien des adoucissements qui sont peut-être nécessaires ; je prie Madame de Carcado de vouloir y suppléer et d'agréer mes très humbles respects.

(1) Les Carmélites où se trouvait Mme de Soyecourt.

(2) L'un des deux endroits était la Visitation, où se trouvait Mme de Montjoie.

Nos Sociétés doivent avoir une dévotion bien particulière pour Saint Jean l'Evangéliste, à cause de ses rapports intimes avec le Cœur adorable de Jésus, et de sa qualité d'enfant de Marie qui était en lui d'une manière si éminente et spéciale.

A Madame de Carcado, rue de Mézières 909, à Paris.

Dimanche 21 décembre 1806.

Madame et très chère fille, L. J. C.

Je vous envoie mon portefeuille pour M.B. ; vous savez ce que cela veut dire. Vous aurez la bonté de me le rapporter mercredi, veille de Noël, sans cela il y aurait un grand déficit dans mes affaires. Recevez d'avance mes souhaits très sincères de bonne année.

« Que la grâce et la paix s'augmentent en vous de plus en plus par la connaissance de Dieu et de Jésus-Christ Notre-Seigneur ». (St Pierre.)

Je suis, madame et très chère fille, en N.S. et sa très sainte Mère, tout à vous.

P. Joseph.

Je me suis bien porté depuis que je vous ai vue, sans aucun nouvel accès, et le médecin ne m'a point revu. Mon mal ne l'a point inquiété non plus que moi.

A Madame de Carcado

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