‹ Lettres du P. de Clorivière, 1787-1814Chapitre 81 sur 116 · L. J. Ch · texte numérisé non relu

L. J. Ch

Paris, ce 28 juillet 1809.

Madame et très chère fille en N. S. Jésus-Ch. J'ai reçu vos deux lettres, l'une du 2 de ce mois et l'autre du 20. J'étais absent lorsque mademoiselle d'Acosta est venue hier au soir me remettre la dernière, de sorte que je n'ai pu encore faire tenir à mademoiselle votre amie celle qui était pour elle, incluse dans la mienne... Vous étiez dans un état de santé assez alarmant à votre départ ; j'apprends par vos deux lettres que votre santé n'est guère meilleure, et que cela vous cause de grandes privations et vous empêche de vous appliquer à rien de sérieux. J'en ai de la peine, mais que pouvons-nous faire, sinon de nous soumettre avec paix à la volonté du Souverain Maître et de baiser avec reconnaissance sa main paternelle qui ne nous frappe que parce qu'il nous aime. Ne vous inquiétez pas de votre impuissance ; le Seigneur ne demande de nous que ce qu'il nous donne la force de Lui donner, et persuadez- vous que rien ne Lui est plus agréable que le sacrifice que nous Lui faisons, en union se son Divin Fils, des maux que Lui-même nous envoie. J'espère que l'air de la campagne pourra remettre entièrement votre santé ; celle de votre amie, sans être bien bonne, est moins mauvaise ; celle d'Agathe est tout à fait rétablie ; la mienne a eu quelques jours d'altération, maintenant je me porte assez bien. Je ne suis pas en peine des papiers qui sont entre vos mains ; je sais que vous en avez bien soin. Monsieur Bicheron m'avait fait tenir, il y a déjà quelque temps, ceux que je lui avais prêtés ; je lui en ai accusé dans le temps la réception. Mes respects à madame Louise ; présentez-les aussi à monsieur François quand vous pourrez le voir. Monsieur Bourgeois vous présente les siens et vous remercie de votre bon souvenir. Un cœur et une âme en Jésus et Marie.

C'est en union de leurs Sacrés Cœurs que je suis, avec le plus respectueux dévouement, Madame et très chère fille en N. S., votre très humble et très obéissant serviteur.

P. Jos.

A Madame de Clermont

Page 1