‹ Lettres du temps de la Fronde [par] Gui Patin. Introd. et notes de André Thérive. Avec un port. gravé sur boisChapitre 23 sur 41 · IÔO LETTRES DU TEMPS · texte numérisé non relu

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que lui aura encore bien de la peine dans le mauvais état de nos affaires. On avait arrêté que ce serait le marquis de la Vieville ; mais les partisans lui ont donné l'exclusion, protestant tout haut à la reine qu'ils ne traiteraient jamais d'aucune affaire avec lui ; si bien qu'il faut attendre que le conseil d'en haut, composé de la reine, du duc d'Orléans et du prince de Condé, en ait délibéré.

Vous m'avez ci-devant envoyé un livre intitulé : Heteroclita spiritualia et anomalia pietatis, du P. Théophile Raynaud. Ce livre est assez étrange aussi bien que l'esprit de son auteur ; mais à quoi s'occupe-t-il présentement ? Je crois qu'il a beaucoup de traités prêts à mettre sous la presse ; mais entre autres je voudrais qu'il mît en lumière un ouvrage qu'il a déjà cité et promis deux ou trois fois, de Justâ confectione librorum, dans lequel il promet de dépeindre de toutes leurs couleurs certains écrivains qui lui déplaisent ; il le promet entre autres de Pomponace, qui a été un terrible galant du temps de Léon X.

Je ne vous ai rien écrit ni assuré de M. Saumaise que lui-même ne me l'ait mandé dans sa lettre. Vous dites qu'après cela vous ne lui conseilleriez pas de se mettre sur mer de peur des Anglais, et néanmoins un Suédois, étudiant en

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médecine, me dit hier céans que la reine de Suède avait demandé M. Saumaise, et qu'il se préparait pour y aller faire un voyage ; mais je ne vous oserais assurer s'il est bien véritable, car je ne vois point de gens, après les L... (a) de Paris et les moines, lorsqu'ils parlent de la vie éternelle et de l'autre monde où ils ne furent jamais, et où jamais ils n'iront, qui mentent si fort et si rudement que ces étrangers, particulièrement en faveur de leur nation. Pour moi, je suis de votre avis, et je ne conseillerais point à M. Saumaise de s'en aller en Suède, de peur qu'il ne meure en ce pays si froid, et de peur aussi que quelque tempête ne le fasse aborder en Angleterre, où apparemment il ne serait pas bien traité, après avoir écrit contre eux pour avoir coupé la tête à leur roi. S'ils ont si mal et si rudement traité leur maître, que ne feront-ils pas à leur ennemi ? L'évêque de Riez se réduit à ne faire que la vie des cardinaux qui ont vécu avec quelque opinion de sainteté, et ce qu'il a fait imprimer du cardinal de Berulle n'est qu'un extrait de son livre. Je ne sais s'il mettra parmi ces gens-là le cardinal du Perron, qui était un grand fourbe et que je sais de bonne part être mort de la vérole. Pour le cardinal de Richelieu, c'était une bonne

(a) Loyolites,

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