Il reste quelques compositions musicales de Frédéric II
3. Melin de Saint-Gelais [îtftji55S). le meilleur, après Clément Marot, des poètes de son école.
\. Oiiinanlt. Armide (V, 1).
Arcabonne est forcée de dire :
Tout me parle de ce que j'aim-ea.
(Amadisi, acte II, scène n).
Médor est obligé de s'écrier :
Ah ! quel tourment
D'aimer sans espérance-eu 2/
La gloire et la victoire, à la fin d'une tirade, font presque toujours \ngloire-eu, la victoire-eu. Notre modulation exige trop souvent ces tristes désinences 3. Voilà pourquoi Quinault a grand soin de finir, autant qu'il le peut, ses couplets par des rimes masculines ; et c'est ce que recommandait le grand musicien Rameau à tous les poètes qui composaient pour lui.
Qu'il me soit donc permis, mon cher maître, de vous représenter que je ne puis être d'accord avec vous quand vous dites « qu'il est inutile, et peut-être ridicule, de chercher l'origine de cette prononciation gloire-eu , victoire-eu , ailleurs que dans la bouche de nos villageois. » Je n'ai jamais entendu de paysan prononcer ainsi en parlant ; mais ils y sont forcés lorsqu'ils chantent. Ce n'est pas non plus une prononciation vicieuse des acteurs et des actrices de l'Opéra; au contraire, ils font ce qu'ils peuvent pour sauver la longue tenue de cette finale désagréable, et ne peuvent souvent en venir à bout. C'est un petit défaut attaché à notre langue, défaut bien compensé par le bel effet que font nos é muets dans la déclamation ordinaire.
Je persiste encore à vous dire qu'il n'y a aucune nation en Europe qui fasse sentir les e muets, excepté la nôtre. Les Italiens et les Espagnols n'en ont pas. Les Allemands et les Anglais en ont quelques-uns ; mais ils ne sont jamais sensibles ni dans la déclamation ni dans le chant.
Venons maintenant à l'usage de la rime, dont les Italiens et les Anglais se sont défaits dans latrag-édie, et dont nous ne devons jamais secouer le joug. Je ne sais si c'est moi