A VOLTAIRE
Paris, 16 mai 1764.
Je suis ravie, monsieur, que l'honneur vous déplaise1 : il y a longtemps qu'il me choque; il refroidit, il nuit à la familiarité, et ôte l'air de vérité. Je proposai, il y a quelque temps, à une personne de mes amis, de le bannir de notre correspondance; elle me répondit: Faisons plus que François Itr, perdons jusqu'à l'honneur.
Vous avez bien mal lu ma dernière lettre, puisque vous avez compris que j'étais en liaison avec Mmc de Pompadour2. Je vous mandais « que j'avais été fort occupée de •> sa maladie et de sa mort, et que je m'y intéressais autant » que tant d'autres à qui cela ne faisait rien. »
Jamais je ne l'avais vue ni rencontrée ; mais je lui avais cependant de l'obligation, et, par rapport à mes amis3, j'appréhendais fort sa perte : il n'y a pas d'apparence, jusqu'à présent, qu'elle produise aucun changement dans leur situation....
Un autre article de ma lettre que vous avez encore mal entendu, c'est que je vous disais que le plus grand de tous les malheurs était d'être né;. Je suis persuadée de cette