‹ Lettres du XVIIIe siècleChapitre 182 sur 381 · A HORACE WALPOLE · texte numérisé non relu

A HORACE WALPOLE

Vendredi 9 février 1770. à sept heures du malin.

Je vous écris par vos parents l, qui partiront dans

trois ou quatre heures. Cependant je n'ai rien à vous apprendre qu'ils ne puissent vous dire eux-mêmes ; ils ont vu et entendu tout ce que je sais. Tout est tranquille ici, on n'aperçoit aucunes intrigues formées; on affiche l'amour du bien public. Le Maurepas2 possède en paix le premier crédit ; la seule personne 3 qui pourrait le lui disputer et l'enlever est occupée de bals, de coiffures, de plumes, etc. Le Turgot professe la vertu, il veut faire régner la liberté, établir l'égalité, et pratiquer l'humanité. C'est le règne de la philosophie; on fait revivre en faveur des philosophes des charges qu'on avait supprimées ; D'Alembert, Condorcet, l'abbé le Bossu, sont, dit-on, directeurs de la navigation de terre, c'est-à-dire des canaux, avec chacun deux mille écus d'appointements; je ne doute pas que la demoiselle de Lespinasse n'ait quelque petite paraguante v, nous ne voyons encore que

1. Sans doute M. et Mme Damer 1 \. Paraguanle. Ce mot. quoique (voir la note 2 de la page 211). en italique dans le texte, est

2. Le comte de Maurepas (1701- 1781). avait été appelé à la présidence du conseil des ministres à l'avènement de Louis XVI (177'») ei avait fait confier le contrôle général des finances à Turgot (1727-1781 .

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