‹ Lettres du XVIIIe siècleChapitre 356 sur 381 · Voir page 208 la réponse de M»- Du Deftand · texte numérisé non relu

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',. Voir la lettre précédente et la réponse de M0™ Du Deffand (p. 208).

d'après l'éloge que vous me faisiez d'elle, que je n'en étais pas surprise, ayant d'elle la meilleure opinion à toutes sortes d'égards. G'estjustemenlce que je craignais. Il me convient de l'honorer, de l'estimer également; mais il ne me convient pas de le lui faire savoir; et quand c'est mon amie qui le lui dit, elle doit croire que c'est au moins de mon aveu. Voilà ce que je ne puis souffrir, voilà ce qu'il faut absolument que votre amitié pour moi répare, et surtout vis-à-vis de ceux qui ont pu être témoins d'une cajolerie aussi indécente dans les circonstances présentes, et aussi éloignée de mon caractère. Je m'étais bien doutée que vous désapprouveriez ma délicatesse. Je n'ai d'autres raisons à vous en donner que celles que je vous ai déjà dites. Je puis avoir tort selon votre faconde penser; mais je n'ai pas tort selon mon caractère, parce que ce n'est pas moi qui me le suis donné, et que c'est lui qui me conduit, et vous ne pouvez pas mettre votre caractère à la place du mien pour en juger, parce que pour cela il faudrait en changer; mais, ma chère petite-fille, on ne s'en aime ni ne s'en estime pas moins, pour n'être pas de même opinion. Laissez-moi la mienne et ne la blessez plus, puisque je ne puis en changer; et bonne ou mauvaise, croyez qu'elle estàmoi, puisqu'elle m'appartient. Elle ne vaudrait pas la peine de m'être inspirée; mais je ne me la laisserai point enlever, parce qu'elle souffre contradiction. Sur toute chose ne croyez pas, ni que je vous en aime moins, ni que je compte moins sur votre amitié parce qu'elle vous a inspiré une chose faite pour me blesser. Je puis être affligée de l'effet sans être moins touchée du motif. Vous pouvez être blessée aussi de la franchise avec laquelle je m'en suis expliquée; vous y aurez peut-être trouvé de la dureté. Je vous assure que ce n'était pas mon intention, et cette assurance doitsutïîreà ma justification. Je ne sais pas rendre à demi ce que je ressens. Si je ne vous présentais pas les choses comme elles m'affectent, vous ne sauriez pas comme j'en suis affectée. L'abbé, qui est tout doucereux, rabattra de mes expressions; mais pour moi, sans vouloir qu'elles vous affligent, ni qu'elles vous offensent, je n'en rabats rien, parce que je ne peux

rien changer à mes sentiments. Je vous proteste encore que je suis tout aussi persuadée que jamais que je ne trouverai jamais d'amie plus agréable que vous ne Têtes, et que je n'ai jamais eu plus de tendresse pour vous que j'en ai dans ce moment même, où vous êtes peut-être encore si fâchée contre moi.

Mille compliments, je vous prie, à M. Walpole, et remerciement de son souvenir.

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