‹ Lettres du XVIIIe siècleChapitre 374 sur 381 · MI HA BEAU · texte numérisé non relu

MI HA BEAU

vois pas la nécessité que vous ayez, fini pour ce temps-là. Si plus de peines, de travaux, de semaines, de mois sont nécessaires, j'ai. Dieu merci, plus qu'il ne faut pour vous en dédommager. Ainsi, mon ami, ne vous tuez et même ne vous fatiguez pas; et sûr comme vous êtes que j 'estimerai votre ouvrage plus que vous-même, allez en avant, faites halte, prenez et reprenez sans inquiétude ni regrets. Ni votre tils ni votre neveu ne seront oubliés1. Tout ce qui vous tient me sera toujours cher et je ne chercherai pas moins mon bonheur en vous qu'en moi. Croyez-le, mon cher major. Vale cl me ama.

22 octobre 17HS.

... L'intolérance des économistes français a beaucoup nui à la science2. En tout nous oublions trop, et vous l'oubliez trop en parlant de la France et des Français, que nul homme, et l'on peut dire nul ouvrage, n'est entièrement corrompu. Nous sommes un singulier mélange d'Orosmade et d'Arimane3, ou, plus philosophiquement parlant, de l'esprit céleste de Dieu animant une matière imparfaite et réfractaire. Aussi ne devons-nous jamais ni trop admirer, ni trop mépriser. Ce que nous devons encore moins, c'est désespérer ou haïr. Trois chemins doivent nous conduire à la plus inaltérable indulgence : la conscience de nos propres faiblesses ; la prudence qui craint d'être injuste: et l'envie de bien faire, qui, ne pouvant refondre ni les hommes ni les choses. doit chercher à tirer parti de tout ce qui est, comme il

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