‹ Lettres du XVIIIe siècleChapitre 44 sur 381 · Van Duren rétablit tant bien · texte numérisé non relu

Van Duren rétablit tant bien

que mal les passages effacés par Voltaire et publia le livre. Voltaire en donna une autre édition avec ses corrections. Frédéric fît désavouer l'une et l'autre publication et fît faire une nouvelle édition, sous ses yeux, à Berlin : il en fait part à Voltaire dans sa lettre du 7 octobre 1740.

:>.. Marie-Anne de Mailli, duchesse de Cbàteauroux. à ce moment toutepuissante sur le cœur et l'esprit de Louis XV. Elle sut le décider à quitter Versailles el à partir pour la frontière pendaut la guerre de la succession d'Autriche.

:!. Une lettre. La lettre était bien de Voltaire. Elle félicitait Frédéric II, notre allié au début de la guerre, de la paix secrète qu'il avait signée le 21 juin 17^2 avec Marie-Thérèse, qui lui abandonnait

la Silésie. C'était une odieuse défection. La France restait presque seule à soutenir le poids de la lutte. La favorite avait été indignée de cette désinvolture du poète.

L'affaire n'eut d'ailleurs pas de suites fâcheuses pour lui. On a supposé avec beaucoup de raison, que Frédéric avait divulgué lui-même la lettre pour contraindre l'auteur de la Henriade à quitter la France.

\. J'ai fail ma réponse. Frédéric avait écrit à Voltaire le 18 juin une lettre commençant par ces vers :

Les palmes de la paix font cesser [les alarmes ; Au tranquille olivier, nous suspendions nos armes.

Déjà l'on n'entend plus le sanguinaire son Du tambour redoutable et du [bruyant clairon.

sujet de cette lettre, que je n'ai jamais montrée à personne, et au sujet de toutes celles du roi de Prusse, dont je n'ai jamais abusé.

Si je pouvais un jour, madame, avoir l'honneur de vous entretenir un quart d'heure, vous verriez en moi un bon citoyen, un homme attaché à son roi et à sa patrie, qui a résisté à tout, dans l'espoir de vivre en France; un homme qui ne connaît que l'amitié, la société, et le repos. Il veut vous devoir ce repos, madame ; la France lui est plus chère, depuis qu'il a eu l'honneur de vous faire un moment sa cour, et ses sentiments méritent votre protection. J'ai l'honneur...

Voltaire.

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