Comme on dit que Denys de
Syracuse, y envoya le poète Philoxène (ive siècle) pour le punir de sa franchise.
4. Blauel (1700-1768), musicien de l'Opéra de Paris où il tenait l'emploi de flûtiste, et compositeur.
Frédéric II dont la flûte était la grande passion, voulut l'attirer à sa cour. Blavet aurait dit du roi de Prusse : « Vous croyez qu'il aime la musique, vous vous trompez, il n'aime que la flûte, ou pour mieux dire, que sa flûte. »
5. Histoire de Brandebourg. Il s'agit des Mémoires pour servir à l'histoire de Brandebourg, que Voltaire épluchait à ce moment.
VOLTAIRE
un chef-d'œuvre, quand il l'aura revue avec soin ; mais un roi a-t-il le temps de prendre ce soin? un roi qui gouverne seul une vaste monarchie ? oui ; voilà ce qui me confond ; je ne sors point de surprise. Sachez encore que c'est le meilleur de tous les hommes, ou bien je suis le plus sot. La philosophie a encore perfectionné son caractère. Il s'est corrigé, comme il corrige ses ouvrages. Voilà précisément, mes anges, pourquoi j'ai le cœur déchiré ; voilà pourquoi je ne vous reverrai qu'au mois de mars. Comptez qu'ensuite, quand je reviendrai en France, je n'y reviendrai que pour vous seuls, pour vous, mes anges, qui faites toute ma patrie. Je vous demande en grâce d'encourager Mmc Denis 1 à venir avec moi s'établir au mois de mars, à Berlin, dans une bonne maison où elle vivra dans la plus grande opulence. Le roi de Prusse lui assure, à Paris, une pension après ma mort. Il m'a promis que les reines2 (qui ne savent encore rien de nos petits desseins) l'honoreront des distinctions et des bontés les plus flatteuses. Elle fera ma consolation dans ma vieillesse. Disposez-la à cette bonne œuvre. Il n'y a plus à reculer ; le roi de Prusse m'a fait demander au roi, et je ne suis pas un objet assez important pour qu'on veuille me garder en France. Je servirai le roi dans la personne du roi de Prusse, son allié et son ami3. Ce sera une chose honorable pour notre patrie qu'on soit obligé de nous appeler quand on veut faire fleurir les arts. Enfin je ne crois pas qu'on refuse le roi de Prusse; et si, par un hasard que je ne prévois pas, on le refusait, vous sentez bien que, la première démarche étant faite, il la faudrait soutenir, et obtenir, par des sollicitations pressantes, ce qu'on n'aurait pas accordé d'abord à ses prières, et que je ne peux plus vivre en France, après avoir voulu la quitter. 11 y a un mois que je suis à la torture, j'en ai été malade; un tel parti coûte sans doute. Vous êtes bien sûr que c'est vous qui déchirez mon âme; mais, encore
i. Mme Denis (voir p. 64, n. î).
?.. Les reines. La reine mère el la femme de Frédéric II.