‹ Lettres du XVIIIe siècleChapitre 78 sur 381 · Byng (voir p. 83, n · texte numérisé non relu

Byng (voir p. 83, n

',. Iyjiii Schouvalow (1727-1798 chambellan de l'impératrice Elisabeth (1741-1762), lille de Pierre le Grand.

5. Le premier volume de l'Histoire de l'empire de Russie sous Pierre le Crawl parut en 1759, le second en 1763.

n'agrée et n'encourage le dessein que vous avez formé pour la gloire de son père.

Je vois avec satisfaction, monsieur, que vous jugez comme moi que ce n'est pas assez d'écrire les actions et les entreprises en tout genre de Pierre le Grand, lesquelles pour la plupart sont connues : l'esprit éclairé, qui règne aujourd'hui dans les principales nations de l'Europe, demande qu'on approfondisse ce que les historiens effleuraient autrefois à peine.

On veut savoir de combien une nation s'est accrue; quelle était sa population avant l'époque dont on parle, quel est, depuis celte époque, le nombre de troupes régulières qu'elle entretenait, et celui qu'elle entretient; quel a été son commerce, et comment il s'est étendu; quels arts sont nés dans le pays ; quels arts y ont été appelés d'ailleurs, et s'y sont perfectionnés ; quel était à peu près le revenu ordinaire de l'Etat, et à quoi il monte aujourd'hui; quelle a été la naissance et le progrès de la marine; quelle est la proportion du nombre des nobles avec celui des ecclésiastiques et des moines, et quelle est celle de ceux-ci avec les cultivateurs, etc.

On a des notions assez exactes de toutes ces parties qui composent l'Etat, en France, en Angleterre, en Allemagne, en Espagne; mais un tel tableau de la Russie serait bien plus intéressant, parce qu'il serait plus nouveau, parce qu'il ferait connaître une monarchie dont les autres nations n'ont pas des idées bien justes, parce qu'enfin ces détails pourraient servir à rendre Pierre le Grand, l'impératrice sa fille, et votre nation, et votre gouvernement, plus respectables. La réputation a toujours été comptée parmi les forces véritables des royaumes. Je suis bien loin de me flatter d'ajouter à cette réputation : ce sera vous, monsieur, qui ferez tout en m'envoyant les mémoires (|uc vous voulez bien me faire espérer, et je ne serai que l'instrument dont vous vous servirez pour travailler à la gloire d'un grand homme et d'un grand empire.

Je vous avoue, monsieur, que les médailles sont de trop1.

i. Voltaire a vaii déjà fail savoir I tenterait de la reproduction des au comte Schouvalow qu'il se con- | médailles qu'il trouvait dans diffé-

VOLTAIRE

Je suis confus de votre générosité, et je ne sais comment m'v prendre pour vous en témoigner ma reconnaissance. Je sens tout le prix de votre présent; mais un présent non moins cher sera celui des mémoires qui me mettront nécessairement en état de travailler à un ouvrage, qui sera le vôtre.

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