‹ Lettres (volume 2)Chapitre 102 sur 195 · Dangeau, p · texte numérisé non relu

Dangeau, p

2. Voyez A. de Boislisle, Trois princes de Condé à Chantilly, dans 1 Annuaire-Bulletin de la Société de l histoire de France, années 1902 et 1903.

La goutte du Roi est passée, et il ne lui reste plus que de la foiblesse dans les pieds. M"*" la duchesse de Bourgogne paroît se porter mieux ; elle a fini de se baigner et va incessaraent prendre des eaux de Forges ou de Passy * . Voilà à peu près les nouvelles de ce pays-ci. Pour celles d'Italie, vous les devez savoir aussi tôt que nous, ainsi que je vous l'ai déjà dit plusieurs fois.

Je finis en vous embrassant tendrement et vous priant, mon cher frère, de ne me pas oul)lier et de faire mes compliments à la reine.

Louis.

A Versailles, le 28 juin 1705.

Je vous écris aujourd'hui ce petit mot, mon cher h'ère, pour n'être pas si longtemps sans le faire que j'ai été par le passé. J'ai été fort aise de votre fermeté dans les occasions qui la demandoient et du parti que vous avez su prendre à propos sur le marquis de Léganès-. On a eu nouvelle aujourd'hui que

1. Ces eaux ferrugineuses et alcalines étaient surtout employées pour les maladies d'intestins. Elles eurent une certaine vogueàla fin du règne de Louis XIV et au début de celui de Louis XV. En 1723, le médecin Moulin de Marguery lit pai'aître un Traité des eaux de Passy.

2. Dans le courant de juin, on découvi'it à Madrid une conspiration, dont le but était d'enlever Philippe V, de tuer tous

AU HOI d'eSPAGNE PUlLlPPli V. 99

1rs ciiiicmis axoicut entièrement abandonné Trêves, pciidaiU (jue le maréchal de Villars, ayant envoyé 1;» moi lié de son armée au maréchal de Villerov, marche en Alsace avec le reste. Il paroît que les ennemis sont entièrement de concert {sic), et Marlborough n'aiiia plus de supériorité en Flandres. Adieu, mon très cher i'rère, aimez-moi toujours comme je vous aime; faites mes compliments à la reine.

Louis.

A Versailles [pour Marly], le 12 juillet 1705.

Il y a quelque temps que je ne vous ai écrit, mon cher frère. La cour depuis quelque temps n'a point été à Versailles, toujours en voie, soit à Meudon, Trianon, ou ici ^ où nous sommes fixés enfin depuis trois jours jusqu'à samedi prochain. Pour Trianon, c'est le lieu du monde qui me rend le plus ambu-

Ics Français, et d'appeler l'Archiduc ; elle devait s'exécuter le jour de la Fête-Dieu, et le marquis de Léganès en était l'âme. Le roi d'Espagne, prévenu, fit arrêter Léganès par le prince de ïserclaes, capitaine des gardes du corps, dans les jardins du Buen Retiro, et il fut emprisonné dans la citadelle de Pampelune. Voyez Philippe V et la cour de France, tome I, p. 233-

1. Quoique ccUe lettre soit datée de Versailles, il semble que ce doit être un lapsus du prince, qui s'est trompé et voulait mettre Marly ; sans cela la présente lettre ne s expliquerait pas. D'ailleurs le Journal de Dangeau indique bien que la cour était à Marly le dimanche 12 juillet.

lant, y allant deux ou liois t'ois par jour et revenant autant à Versailles, où je couche et où je trouve mon cabinet sous ma main, sans distraction lorsque j'y suis. Voilà une peinture au naturel de ce qui se passe en ce pays-ci, et bientôt, lorsque les blés seront coupés et la terre un peu découverte, on commencera la chasse à tirer, ce qui causera encore de nouveaux mouvements, à Villeneuve-Saint- Georges, à Livry, à Saint-Maur ^, et finalement à Fontainebleau dans le mois de septembre.

Pour parler maintenant de choses plus sérieuses, M. de Villars a marché avec tant de diligence à Weissembourg qu'il a prévenu l'armée des ennemis ; quelques troupes réglées qui gardoient les lignes se sont retirées à la hâte, et on a poussé les lioussards deux ou trois lieues durant ^ Il n'en a pas été de même de Lauterbourg, que M. de Villars n'a pas jugé à propos d'attaquer ; car ce poste est excellent de lui-même, et d'ailleurs les ennemis arrivant s'v sont postés et retranchés^. Il faut, pour vous le mieux faire entendre, vous en faire un petit dessin, autant que je m'en puisse souvenir et que les plans que j'ai vus ici depuis quelques jours m'en ont retracé l'idée. Ce dessin est un peu imparfait ; mais je crois qu'il vous fera assez comprendre la bonté de ce poste et

1. On se rendait à ^ ilIeneuve-Sainl-Georges pour aller chasser dans la forêt de Sénart. Quant à Saint-Maur-des-Fossés, c'était un château du duc de Bourbon.

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