Nouvelle enregistrée par Dangeau le 7 juillet (p
3. Cette petite ville, sur la rive droite de la Lauter et près de son embouchure dans le Rhin, était assez bien fortifiée. Villars n'essaya pas de la prendre et se contenta de vivre sur le pays.
AU ROI d'eSPAGNE PHILIIM'E V. 101
combien il est aisé à soutenir avec des forces inférieures à celles qui rattacjueroiciil '.
Kn Flandres, le Alylord Marlhorough va, pour se dépiquer d'avoir manqué son coup sur la Moselle, reprendre lluy, et j'espère qu'il ne Icia rien davantage, du moins de considérable.
La reti'aite des Portugais m'a fait beaucoup de j)laisir ; mais j'avoue que celle de la flotte ennemie m'en feroit encore davantage.
Adieu, mon très cher frère, faites bien mes compliments à la reine et soyez pei'suadé qu'on ne peut vous aimer plus tendrement que moi.
Louis.
J'oubliois d'ajouter ici encore une curiosité : c'est le portrait d'un monstre qui paroil en Pologne et qu'on m'envoie de ce pays-là; je ne vous le donne pas pour chose sacrée. Il a le bec de canard, les oreilles d'âne, la tète de hibou, le corps de mouton, les pieds de devant d'oiseau de proie, ceux de derrière de cheval, la queue de lévrier et des ailes de dragon ^.
1. Un petit dessin à la plume, assez grossier, mais cependant très clair, est en effet joint à la lettre.
2. Il y a aussi dans la lettre un petit croquis de ce fantastique animal.
A Versailles, le 26 juillet 1705.
Je suis très aise, mon cher frère, que vos affaires continuent à reprendre une bonne face et que les gens qui y mettent la main s'acquittent ])ien de ce devoir. La tranquillité de Madrid, la retraite des ennemis de devant Cadix, et le peu de suite qu'a eue la prétendue conspiration, ne me font pas moins de plaisir, et j'espère qu'avec l'aide de Dieu tout ira bien.
Les ennemis en Flandres sont entrés dans nos lignes ; mais, après cet accident, j'espère que la diligence avec laquelle l'Électeur s'est porté à Louvain, où il s'est couvert de cette place et delà Dyle, diminueront ce malheur. L'armée du Roi étoit derrière les lignes (dont les ennemis n'étoient qu'à demi-lieue), tenant plus de quatre lieues de pays. Les ennemis, après divers mouvements, se portèrent tout d'un coup, la nuit du 17 au 18, du côté de l'abbave d'Heylissem ^ passèrent les deux Geetes et entrèrent dans nos lignes, surprenant trois corps de garde qui étoient aux barrières. Le duc de Roquelaure ^ s'étoit cependant avancé vers cette gauche