‹ Lettres (volume 2)Chapitre 107 sur 195 · Pelit affluent Je gauche de la Dyle · texte numérisé non relu

Pelit affluent Je gauche de la Dyle

2. Outre les détails qu'on pourra trouver dans les gazettes de l'année, on pourra comparer au récit très sommaire du prince les renseignements plus complets que l'auteur des Mémoires de Sourches donne sur ces mouvements aux 19 et 21 août (tome IX, p. 336-340).

3. Léau ou Leeuw est sur la petite Geete, entre Saint-Trond et Tirlemont.

la princesse des Ursiiis, et j espère que les affaires du dedans de votre royaume continueront toujours à bien aller.

Vous me demandez aussi ce que nous avons tué de gibier. Je vous dirai que mon frère de Berry alla, le 1*", à Billancourt, où il tua plus de cinquante ou soixante pièces. Nous allâmes peu de jours après à Montrouge ; il y en tua cent dix, et moi c[uarantedeux. Nous avons été deux fois ensemlile à Saint- Denis, et lui une fois seul ; il y a tué deux cent vingtdeux, deux cent vingt-trois et deux cent cinquantequatre, et moi quatre-vingt-cinq et cinquante-cinq. A Créteil il en a tué plus de soixante ; à Vincennes, lui trente-huit et moi vingt-cinq ; à Rocquencourt. j'en ai tué neuf et lui trente-deux et dix-sept. Cela fait pour lui, à qui j'oublie encore une chasse à Montrouge, de quatre-vingts ou cent, plus de sept cent soixante, et pour moi deux cent seize ; car il tire plus souvent et beaucoup mieux que moi. Il ne s'est jamais rien vu de comparable à la plaine de Saint- Denis cette année ; et souvent, au grand nombre de perdrix qui partent ou qui viennent passer sur la tête ensemble, on ne sait à laquelle tirer, et l'on manque, ou l'on ne tire point du tout. Le temps est rafraîchi; il commence aujourd'hui à pleuvoir, et il y a apparence que nous en avons pour quelque temps.

Adieu, mon très cher frère, conservez-moi toujours une amitié semblable à celle que j'ai pour vous.

Louis.

AU HOl d'eSPAGNE PHILIPPE V. 113

Lxm.

A LA REINE D'ESPAGNE

A Marly, le 23 août 1705.

Je ne puis. Madame, prendre une occasion plus l'avorahle pour vous faire souvenir de moi que celle fjue me fournit Farrivée de la princesse des Ursins près de vous'. Permettez-moi donc d'unir ici ma joie à la vôtre dans luie occasion où je crois que le bien des deux royaumes se trouve joint à votre satisfaction particulière.

Vous verrez par la lettre que j'écris au roi que les ennemis, quicroyoient tout engloutir et ne faire qu'une bouchée de Bruxelles, de Louvain et de tout le reste du Brabant, se voient déchus de cette espérance par la fermeté de l'électeur de Bavière jointe à beaucoup de prudence. Il faut espérer que les projets de l'Archiduc n'auront pas plus de succès et que bientôt je m'en réjouirai aussi avec vous. Je le souhaite sincèrement aussi bien que la continuation de votre amitié, ne vous étant pas moins attaché, si j'ose me servir de ce terme, par le cœur que par le sang.

Louis.

1. La princesse des Ursins, reseniie complètement en grâce auprès de Louis XIV, prit congé du Roi le 15 juin et quitta Paris le 22 ; elle arriva dans le courant de juillet à Madrid, où les souverains espagnols lui firent une réception chaleureuse.

A Versailles, le 6 septembre 1705.

Depuis la lettre que je vous écrivis deMarlv, mon très cher frère, les ennemis ont repassé la Dvle en Flandres, se sont tout à fait séparés de l'Électeur et sont présentement vers Tirlemont, apparemment pour faire le siège de Léau^ L'Électeur a retourné à son camp du côté de Louvain.

Le prince de Bade entra il y a quelques jours dans les lignes d'Alsace aussi du côté de la montagne, sans que le maréchal de Yillars jugeât à propos de quitter Haguenau et le côté du Rhin pour s'opposer à son entreprise. On eut hier au soir nouvelle que le prince avoit marché ])Our attaquer le maréchal dans son camp. Celui-ci, en étant a^/erti, a marché lui-même au-devant du prince de Bade ; ils se sont rencontrés à la pointe du jour. Le maréchal a fait pousser quelques troupes avancées de ce prince, qui, étonné de la démarche du maréchal, s'est posté, el Villars n'a pas jugé à propos de l'attaquer. Il retournera apparemment dans son premier camp, qui est

1. Celait en cfiVt lo projet de Marll^oroiigli, (pii, contrecarré dans ses projets plus grandioses par les députés des Elats-Généraux de Hollande qui accompagnaient son année, était obligé de se restreindre au siège de cette petite place.

AU HOI d'eSPAGNE PHILIPPE V. 115

loit 1)011 '. \jC pi'iiice Josi'ph de LonaiiH; '*' et le due (le VVuiLember<^"^ soiil morts de leurs blessures en llalie. Voilà ee queje sais de nouvellesdeces pays-ci.

Je suis étonné que la flotte ennemie n'ait pas soni;é à pioliter de Toeeasion qu'elle a eue de pereer dans le royaume de Valence, et il faut espérer qu'elle n'aura pas une meilleure conduite en Catalogne.

La plaine de Saint-Denis est aussi vive qu'au commencement qu'on V a chassé, quoiqu'on v ait tué plus de cinq ou six mille pièces de gibier. Monseigneur part mercredi 9 pour Fontainebleau, et le Roi pour Marly, où il sera jusqu'au mardi 22, qu'il ira à Sceaux pour se rendre le lendemain à Fontainebleau. Il y sera jusqu'au 26 d'octobre. Le temps paroit enfin débondé à la pluie depuis ce matin ; elle est aussi IVoide qu'elle le pourroit être au mois de novembre.

Adieu, mon cher frère, je vous embrasse de tout mon cœur et vous aime plus que ma vie.

Vous saurez apparemment déjà que le Roi a nommé labbé Catelan à l'évêché de Valence ^, et je crois

1. Le prince de Bade pénétra le 28 août dans les lignes al)andonnécs par Villars, et fît mine d'aller se placer entre l'armée française et Strasbourg pour obliger Villars à quitter Haguenau, où il protégeait le Fort-Louis-dn-Rhin.

2. Ce jeune prince, âgé seulement de vingt ans, était frère puîné du duc de Lorraine; il était colonel dans les troupes impériales' et mourut le 25 août, des suites d'une blessure à la tète reçue à Cassano.

3. Charles-Alexandre, duc de Wurtemberg; il avait été gravement blessé au pied; mais la nouvelle de sa mort était fausse ; il guérit lentement et ne mourut qu'en 1737.

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