‹ Lettres (volume 2)Chapitre 11 sur 195 · INTRODUCTION. XIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XIII

faction. Il l'appela au Conseil d'État. Le Prince avait vingt ans et Monseigneur, son père, n'y était entré qu'à trente ans.

Au printemps de 1703, le duc de Bourgogne annonça à son frère que le Roi lui accordait le commandement de l'armée d'Allemagne sous la direction de Tallard. Le choix était-il heureux ? Villars eût mieux convenu ; mais le jeune maréchal avait conçu un projet audacieux. Avec le concours de l'armée d'Italie, commandée par Vendôme, il voulait marcher sur Vienne par la Forêt-Noire et la Bavière. Louis XIV n'osa pas associer son petit-fils à une expédition aussi aventureuse et le duc de Bourgogne commanda l'armée qui manœuvrait sur le Rhin.

Le Prince rend compte à son frère d'Anjou de tous les mouvements des armées : « Il semble que, de tous les côtés, l'affaire est dans sa crise ; en Flandre, les armées sont en présence ; en Allemagne, l'électeur de Bavière va attaquer le Tyrol ; en Italie, M. de Vendôme a passé le Tanaro et coupe toute communication aux ennemis avec l'Allemagne, qui se sont, à ce qu'on dit, retirés de l'autre côté du Pô ; ici, nous n'avons pas grand ennemi en tête '. » Malheureusement, ni le duc de Bourgogne, ni Tallard ne se décidèrent à attaquer vigoureusement le Prince de Bade pour l'empêcher de prendre Villars par derrière et ils se résolurent à une guerre de siège. Ce que voyant, le prince de Bade, laissant un rideau de troupes, joignit son armée à celle des Impériaux et contribua à l'échec de l'offensive de Villars sur Vienne^.

1. Lettre du duc de'Bourgogne au roi d'Espagne, 19 juin 1703, I. 33.

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