‹ Lettres (volume 2)Chapitre 117 sur 195 · Voyez la fin de la lettre XCIII · texte numérisé non relu

Voyez la fin de la lettre XCIII

2. Ce jeuncprince, qui porta corame son aîné le nom de duc de Bretagne, mourut en 1712, quinze jours après son père et sa mère. Le Mercure de janvier, p. 311-320, donna des détails circonstanciés sur sa naissance.

A LA REINE D'ESPAGNE

A Versailles, le 8 janvier 1707.

Voici une nouvelle oecasion, Madame, de vous renouveler les assurances de mon sincère attachement en vous donnant part de l'heureux accouchement de M'"" la duchesse de Bourgogne et de la naissance du fils qu'il a plii à Dieu de me donner ce matin. Je ne puis mieux faire (|ue de vous en souhaiter bientôt autant. Madame, de toutes laçons, par i-apport à la hrièveté du travail et à la bonne santé où la mère et l'enfant sont à présent. J'espère, Madame, que vous prendrez part à ma joie ; j'ose aussi vous faire compliment sur celle que je suis persuadé que vous ressentirez à cette nouvelle.

Continuez-moi toujours, je vous prie. Madame, l'honneur de votre amitié. Personne ne la mérite mieux que moi par la tendresse respectueuse que j'ai pour vous.

Louis.

A Versailles, le 23 janvier 1707.

Quoiqu'il n'y ait pas grand chose à vous mander aujourd'hui, mon très cher frère, je ne veux pas

cependant le laisser passer sans vous écrire ni perdre aucune des occasions par où je vous puis renouveler les assurances de ma tendresse.

Le Roi a nommé ce matin le maréchal de Tessé pour aller commander l'armée d'Italie sous M. le duc d'Orléans ^ On dit qu'ils partiront incessamment tous deux pour se rendre enDauphiné*.

Les nouvelles d'Allemagne portent que d'ennemis qu'étoient, il n'y a pas longtemps, les rois de Suède et Auguste, ils sont devenus intimes amis, et que ce dernier a su gagner les bonnes grâces du premier par ses manières insinuantes et flatteuses.

Nous aurons incessamment ici le jubilé pour demander à Dieu qu'il nous donne la paix. J'espère qu'il nous l'accordera heureuse et stable.

M™^ la duchesse de Bourgogne et mon fils se portent parfaitement bien. Je n'ai pas pour ce soir le temps de vous écrire davantage. Faites, mon très cher frère, s'il vous plaît, mes compliments à la reine, et conservez-moi toujours votre amitié, qui m'est si chère.

J'oubliois de vous dire que nous attendons avec une extrême impatience des lettres d'Espagne pour savoir si le soupçon de grossesse de la reine continue^. Si cela est, je la regarderai comme assurée;

1. On a vu que Tessé avait commandé une des armées d'Espagne pendant la campagne de 1706.

2. Dangeau dit au contraire (p. 289) que le duc d'Orléans ne devait partir qu'au mois d'avril.

3. Le 15 janvier, Dangeau inscrivait dans son Journal (p. 286) : « Les lettres de Madrid donnent de grandes espérances de la grossesse de la reine d'Espagne. M"*" des Ursins

AU HOI d'eSPAGNE PHILIPPE V. 177

en ce cas, elle tloil se l)ieii ménager ; car ce n'est qu'à cela que M'"" la duchesse de Bourgogne a dû son heureux accouchement en dernier heu.

Louis.

A Versailles, le 30 janvier 1707.

J'ai reçu ce matin votre lettre du 19, mon très cher frère, par le retour du courrier qui vous a été dépêché au sujet de la naissance de mon fils. Les expressions de votre joie ne m'ont point étonné. Je connois votre tendresse pour moi, et celle que j'ai pour vous mérite que vous y repondiez toujours de même. Je vous demande aussi cette même amitié pour mon fils, et assurément ce ne sera pas ma faute s'il n'est pour vous comme il doit être.

Les nouvelles ne sont pas grandes ici, et je n'en sais guère qui puissent mériter votre curiosité. J'ai appris avec un extrême plaisir la continuation du soupçon de grossesse de la reine et je commence à n'en quasi plus douter. Je suis cependant étonné que vous ne m'en ayez encore rien mandé ; car vous savez que je ne serai pas indifférent à cette nouvelle. Vous avez voulu apparemment en être sûr avant que de le dire. En tout cas, si, lorsque vous recevrez

mande quelle n'ose pas encore en assurer, mais qu'il n'y a jamais eu tant d'assurance. » Le courrier arrivé le 26 confirma ces espérances.

cette lettre, la chose est confirmée, je vous en fais mon compliment, et vous charge de le faire de ma part à la reine en lui souhaitant dans sept mois un fils qui se porte aussi bien que le mien et à elle un aussi heureux accouchement que le dernier de M™^ la duchesse de Bourgogne ; elle est aussi en santé. Aimez-moi toujours, mon très cher frère, je vous en conjure, et soyez toujours persuadé de la vivacité de ma tendresse pour vous.

Louis.

A Versailles, le 16 février 1707.

L'aide de camp du maréchal de Berwick, qui est venu ici il y a quelque temps, étant sur le point de repartir, mon très cher frère, je le charge de cette lettre, que je commiencerai par vous faire certainement de très bon cœur mon compliment sur la grossesse de la reine. Je me réjouis de sa bonne santé et j'espère que tout ira bien moyennant l'aide de Dieu.

Les nouvelles que vous me mandez de Portugal par une des dernières de vos lettres ne se sont pas trouvées vraies comme vous l'aurez su bien plus tôt que nous, et le nouveau roi ^ a donné part ici de la mort de son père et de son avènement à la couronne : ce fut le nonce qui s'acquitta hier de cette

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