Jean V, fils aîné et successeur du roi Pierre il
AU ROI d'eSPA.GNE PHILIPPE V. 179
commission ^ et on prendra le deuil dans quelques jours '.
T^e régiment des Gardes doit partii' dans les premiers jours du moins prochain, et la maison du Roi le suivra de près; car on dit que les ennemis font en Flandre des mouvements qui peuvent marquer quelque dessein prématuré. Je ne sais cependant s'ils sont bien considérables ; car il me semble qu'on n'en parle guère.
Le roi de Suède est toujours tranquillement en Saxe, se déliant pourtant, à ce que l'on croit, du roi Auguste, surtout depuis l'interception de lettres que ce prince écrivoit au Czar, où l'intelligence paroissoit subsister entre eux. Cependant le roi de Suède tire de l'argent de la Saxe et augmente ses troupes, sans qu'on puisse pénétrer quel est son dessein ; car pour en avoir il est certain qu'il en a un. Voilà à peu près, mon cher frère, ce que je sais de ces côtés-ici qui vous puisse être mandé.
M™" la duchesse de Bourgogne et mon fils se portent toujours fort bien ; je crois que vous vous y intéressez assez pour trouver bon que je vous en parle.
Adieu, mon très cher frère, je vous en souhaite un qui vienne aussi bien, dans six mois, et vous embrasse tendrement vous demandant toujours la continuation de votre amitié.
Louis.