Dangeau, tome XII, p
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leurs I loupes en des ciulroils où elles nous seroienl beaucoup plus à charge. Soyez toujours persuadé que j(^ ferai co qui scia possible pour contriliuer à NOUS satisfaire; [)our cet arliele, le Koi est dans la même disposition que moi, vous le savez, et les moyens pom* y paivcnii- sont les choses à quoi on doit penser présentement.
V^ous saurez déjà que la principauté de Neuchàlel a été adjugée à l'électeur de Brandebourg le 3 de ce mois, ainsi qu'on l'avoit toujours bien prévu. Dieu veuille qu'il ne nous vienne pas une nouvelle guerre de ce côté-là !
Vous connoissez mon amitié tendre pour vous, mon cher frère ; cependant je ne saurois me lasser de vous la témoigner toujours et vous prier de m'en conserver une pareille. J'oubliois de vous dire que Monseigneur a été à Rambouillet depuis le 14 jusqu'à hier ; il y a chassé tous les jours, et Monsieur le Comte l'y a traité magnifiquement, ainsi que toute sa suite, qui étoit nombreuse ; le temps y a été parfaitement beau, et les chasses aussi pour la plupart, et on s'y est fort l)ien diverti ^ .
Adieu, mon très cher frère, je vous embrasse encore une fois.
Louis.
1. Le Mercure de novembre-décembre donna une relation de tout ce qui s'était passé à Rambouillet pendant le séjour de Monseigneur.
A LA REINE D'ESPAGNE
A Versailles, le 20 novembre 1707.
Je ne dois pas me taire plus longtemps, Madame, dans une conjoncture aussi heureuse que celle-ci ; nous apprîmes hier l'importante réduction de Lerida. Vous en savez les raisons mieux que moi ; je dois me borner à m'en réjouir avec vous et par rapport au bien public et par rapport à M. le duc d'Orléans, qui est venu heureusement à bout de cette entreprise.
Cette occasion m'est aussi bien favorable en me donnant lieu de vous faire souvenir d'un beau-frère qui a pour vous toute l'estime et toute l'amitié imaginables, et qui vous prie, Madame, de lui continuer toujours l'honneur de la vôtre.
Louis.
A Versailles, le 11 décembre 1707.
La stérilité des nouvelles est bien grande présentement, mon très cher frère ; mais il y a trop longtemps que je ne vous ai écrit pour passer encore aujourd'hui sans le faire et vous renouveler les assurances de ma tendre amitié. Je crois que la battue
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dont vous me j^ailez vaut bien celles de lapins et de bécasses que Ton l'ail en ce pays-ci ; mais je ne sais si elles ne sont pas plus dangereuses; car on ne sauroit guère tirer qu'à balle sur des cerfs particulièrement, et les balles vont souvent plus loin qu'on ne pense. Je crois que vous prenez là-dessus toutes les précautions possibles et que la prudence tempère la vivacité pour la cbasse qui pourroit ne vous y pas faire rei^arder de si près.
J'ai perdu depuis quatre jours le bonhomme Moreau ^ ; il avoit eu depuis environ six mois divers accidents d'apoplexie ; il en est mort à la fin peu à peu. 11 a eu le temps néanmoins de recevoir ses sacrements, a conservé longtemps de la connoissance, a paru dans de très bons sentiments, et est mort au bout de trois jours de léthargie. Il ne parloit plus, et la connoissance est partie peu à peu ; j'espère que Dieu lui aura fait miséricorde. C'est une perte, et il avoit une probité et un attachement pour moi qui faisoient excuser l'humeur qu'il marquoit quelquefois-. Mon frère de Berry a bien voulu me
1. Denis Moreau, d'abord premier valet de garde-robe du Roi, était passé en 168.3 au service de la Dauphine, puis en 1689 il était devenu premier valet de chambre du duc de Bourgogne ; il mourut à Versailles le 7 décembre 1707.
2. « Avec de l'esprit, beaucoup de sens, c'était un vrai répertoire de cour, et un homme gai,... naturellement libre, avec un grand usage du meilleur monde... Il était plein d'honneur, de probité et de désintéressement;... il avoit entièrement l'estime et la confiance du duc de Bourgogne... Il n'aimoit ni les dévots, ni les jésuites, et il lâchoit quelquefois au jeune prince des traits libres et salés, justes et plaisants, sur sa dévotion, et surtout sur ses longues conférences avec son con-
donner Du Chesne ^ en sa place, qui est aussi très honnête homme et de plus homme de hien, ce qui est le principal ^ ; je crois que nous nous accommoderons très bien ensemble.
Vous savez ma tendresse pour vous, mon cher frère, et le plaisir que j'ai toujours en vous en renouvelant les assurances ; continuez-moi toujours la vôtre, je vous en conjure ; faites aussi, je vous en prie, mes compliments à la reine.
Louis.
cxxvn.
A Versailles, ie l^"" janvier 1708.
La journée d'aujourd'hui est si remplie d'occupations et si fatigante, mon très cher frère, que je ne vous ferai pas une bien longue lettre. Je ne veux pas manquer aux souhaits accoutumés et pour les deux royaumes et pour le bien de la chrétienté. Dieu nous en fasse la grâce ! Vous savez avec quelle
fesseur » [Mémoires de Saint-Simon, tome XV, p. 321-322 . Son appartement de Versailles était orné de tableaux et d'objets d'art, dont il était grand amateur [Correspondance de Madame, recueil Jaeglé, tome I, p. 261-262), et c'était lui qui avait acheté la fameuse Guirlande de Julie à la vente de la duchesse d Fzès.
1. Michel Colin du Chesne était premier valet de chaml)re du duc de Berry depuis 1693.
2. « C'étoit un homme fort modeste et fort pieux, qui ne raanquoit ni de sens ni de monde, discret et fidèle » [Saint~ Simon, tome XV, p. 323).
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sincérité je vous les fais et que je vous la souhaite aussi heureuse qu'à moi-même.
M. le due d'Orléans arriva ici avant-hier matin ^ Je ne l'ai pas encore entretenu à fond sur les affaires d'Espagne; il m'a remis la lettre dont vous l'aviez chargé. Je vous en remercie et suis ravi, mais point étonné, de voir les sentiments pleins de courage et de fermeté dont vous êtes rempli. La gloire en soit à Dieu, mon très cher frère. Continuezmoi votre amitié celle année comme les précédentes, et soyez persuadé que la mienne durera autant que ma vie.
Louis.
cxxvm.
A Versailles, le 1" janvier 1708.
On ne sauroit s'acquitter trop tôt, Madame, du devoir auquel m'engage le commencement de l'année, et il m'est d'autant plus agréable qu'en vous la souhaitant heureuse je ne parle point un simple langage de compliment. J'ose me flatter que vous connoissez mon tendre et respectueux attachement pour vous et que vous en recevrez ces nouveaux témoignasses avec votre bonté ordinaire.
M. le duc d'Orléans arriva ici avant hier, et vous ne trouverez pas mauvais que je vous dise que tout