‹ Lettres (volume 2)Chapitre 13 sur 195 · INTRODUCTION. XV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XV

Madame de Montgon, dame du service de la Princesse, pour avoir des nouvelles de l'épouse légère et si tendrement aimée.

La campagne n'était pas terminée en effet, et Landau fut prise après le départ du Prince. A la cour, on ignorait le plan de la campagne et on lui fit bon accueil. Il avait pris Brisach et il s'était conduit en soldat.

Quant au duc de Bourgogne, après avoir exprimé quelques regrets, il prit son parti avec la résignation qui lui était habituelle quand il croyait entrevoir dans quelque événement la volonté de Dieu : « Je serais inconsolable de ne m'y être pas trouvé si je ne savais que le Maréchal n'aurait pas voulu me commettre à l'entreprise de Landau qui était assez hasardeuse et que par là la bataille n'aurait pas été gagnée, ni Landau repris '. » Dangeau ne dit pas autre chose, en son journal, à la date du 22 novembre 1703.

La correspondance reprit avec la cour d'Espagne, abondante et variée. Les « espérances » de la duchesse de Bourgogne et de la Reine sa sœur, mille petits incidents de la vie quotidienne donnent aux lettres de notre Prince un caractère d'intimité qui repose des considérations plus hautes sur la politique et la guerre. Et sans doute, elles semblent parfois un peu superficielles : à chaque page pourtant se révèlent par quelque trait le sérieux et la haute moralité de celui qui tient la plume. Au surplus, on apprécie davantage ces lettres quand on les compare à celles de « Monseigneur », ou du duc de Berry. Comme son père pourtant et comme son frère cadet, le duc de Bourgogne fait dans ses épitres une large place à « cette occupation assez différente de la guerre, mais où on ne se donne guère moins de mouvement et qui ne prend guère moins de temps,

1. Le duc de Bourgogne au roi d'Espagne, 25 novembre 1703. I, 44.

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