‹ Lettres (volume 2)Chapitre 14 sur 195 · XVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XVI INTRODUCTION

c'est-à-dire la chasse^ ». Il savait par là être agréable au Roi son frère; c'était lui rappeler sa jeunesse. Le duc d'Anjou connaissait, pour les avoir maintes fois parcourues, les plaines giboyeuses de Montrouge et de Saint-Denis, les forêts de Marly et de Fontainebleau, et ces souvenirs le charmaient.

Mais tandis que les lettres de , Monseigneur et du duc de Berry ne sont pleines que de ces récits, le duc de Bourgogne, après avoir satisfait à la curiosité de son frère, se hâte de revenir à de plus importantes matières. S"il commence par un récit de chasse, il s'arrête vite et fait constater que là n'est pas rintérêt de sa missive : « pour parler maintenant de choses plus sérieuses ». Si le récit finit la lettre, il ne manque pas de remarquer qu'il y a un temps pour se reposer et un temps pour être grave; « pour revenir à des choses moins élevées », ditil après avoir parlé du siège de Landau et de Verrue ^.

Pour le duc de Bourgogne, lâchasse était un divertissement utile ; c'était une occupation pour Monseigneur. Il savait le prix de la santé, et pour ce jeune homme dont la tète était déjà remplie de projets sérieux et de pensées sévères, le mouvement et le grand air étaient une nécessité. « Vous n'aimez guère la chasse, écrivait le Prince à la Reine d'Espagne', mais vous pouvez aimer la promenade qui certainement doit plaire aux personnes de votre âge, et vous en avez besoin ; car, pour penser sérieusement, il faut savoir se relâcher et se dissiper un peu quelquefois. » Le jeu est nécessaire au travail, disent les pédagogues. C'était la pensée du Prince, moins la formule

1. Le duc de Bourgogne à la reine d'Espagne, 7 octobre 1703. I, 42.

2. Le duc de Bourgogne au roi d'Espagne, 30 novembre 1704. I, 65.

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