‹ Lettres (volume 2)Chapitre 137 sur 195 · Le prince écrit Orlaff · texte numérisé non relu

Le prince écrit Orlaff

a[)j)i()iiv(' j)(»iir le Lcinps inarijuc, t-l | ai beaucoup de joie de le voir insensiblement s'approcher. .l'ai marqué clans la fin (le ma lettre au lloi la nécessité où je serai alors de répandre de l'argent, et que ce qu'il me reste n'y résisleroit pas lon<;tenîps; vous voudrez bien recevoir là-dessus les ordres du Roi, afin que vous m en puissiez faire tenir avant ce temps, .le connois li'op votre zèle pour le service du Roi pour douter que vous ne travaillerez en ce ([ui dépendra de vous à ce que je vous demanderai et qui ne tendra jamais qu au même but que vous.

Au Roi 1.

Au camp d'Urlafïen, le 9 août 170.3.

■Nous marchons enfin après-demain pour aller à lîrisach. Votre Majesté verra, parle mémoire que lui doit envoyer le maréchal de Tallard, que le comte de Marcin sera chargé de l'investiture et que, jusqucs au jour que l'on arrivera devant, l'on tâchera de (aire croire aux ennemis qu'on en veut à leurs lignes et à Fribourg. Ce m'est un grand sujet de joie de me trouver au terme où je pourrai ne me plus compter inutile au service de Votre ^Majesté, et où, en même temps, j aurai lieu de m'instruire. Le maréchal de Tallard a achevé de régler toutes choses pour ce (jui regarde les vivres, les pionnieis, l'artillerie et les ponts, eu sorte que tout arrivera fort peu de temps après nous, et que Ton commencera à travailler aux lignes dès qu'on sera arrivé, c'est-à-dire le 16 de ce mois.

Nous nous déferons de nos gros bagages pour la marche, où ils nous embarrasseroient beaucoup, et nous les ferons passer par l'Alsace.

.l'espère que l'arrivée du maréchal de Vauban me fera voir encore plus de facilités que je ne me suis imaginé jusqu'ici à réduire cette place sous l'obéissance de Votre

1. Vol. Guerre 1667, n" 87 ; lettre du 10 à Chamillart (n° 88).

Majesté, quoique les difficultés s'aplanissent tous les jours. Je souhaite que Fribourg puisse avoir le même sort. Je le crois cependant encore plus difficile, et quant à l'attaque et quant à la circonvallation. Mais, si quelque chose est capable de nous faire faire ce siège, je le répéterai encore à Votre Majesté, ce seront la supériorité et les succès en Allemagne.

Il y a huit jours qu'il partit de l'armée ennemie qui garde les lignes sept bataillons avec armes et bagages qui dévoient, à ce qu'on disoit, aller joindre le prince de Bade. Mais ces bataillons, après être partis de l'armée, se sont campés derrière Rastadt, et on dit qu'ils y sont encore.

Votre Majesté saura apparemment le combat qui s'est passé sur le Danube, où ses troupes, au nombre de trois mille cinq cents chevaux et de sept cents hommes de pied, commandés par Legall, ont défait cinq mille chevaux des meilleures troupes des ennemis, dont il y a eu quinze cents de tués et sept étendards pris. Le succès de ce combat est d'autant plus heureux qu'il donne la supériorité aux armes de Votre Majesté en Allemagne, et que, le duc de Vendôme faisant joindre l'électeur de Bavière par son détachement, comme je n'en doute plus, les ennemis seront obligés de réunir leurs forces pour défendre le cœur de leur pays et nous mettront par là en état de faire le siège de Fribourg, ainsi (jue j'ai eu l'honneur de le mander à Votre Majesté dès le mois passé.

Le 10 août.

Depuis ma lettre commencée, j'en ai vu une de l'armée du duc de Vendôme du 30 juillet, qui marquoit que les ennemis avoient abandonné Torbole. Je ne doute pas que Votre Majesté n'ait déjà eu cette nouvelle en droiture. Le comte de Marcin est parti ce matin, et nous marchons enfin demain. Je n'ai rien à redire à Votre Majesté sur la joie où je me trouve de lui aller enfin être bon à (juelque chose et sur mon attachement respectueux pour sa personne ;

APPENDICE. 27.'î

oseiois-je aussi lui témoigner ma joie sur I heureux accouchement de M'"" la duchesse d'Orléans et la naissance du prince son petit-fils.

A Chamillart'^.

Au camp devant Brisach, le 17 août 1703.

La lettre que j'écris au Roi' vous instruira en gros, Monsieur, de l'état où nous sommes. Vous verrez que nous ne sommes pas encore eiilièremenl ii demeure ; mais enfin il n'y a plus moyen de s en dédire, et je n'ai pas cru devoir être plus longtemps sans en informer le Roi par un courrier. Je vous remercie des nouvelles d'Italie que vous m'avez envoyées, j'espère un heureux succès du côté de cette jonction, et du nôtre aussi, et qu'avant qu'il soit un mois au plus, le courrier qui portera la nouvelle de la capitulation sera arrivé à la cour.

A Chamillnrt ^.

Au camp devant Brisach, le 20 août 1703.

J'écris au Roi, Monsieur, une longue lettre ^ pour lui rendre compte de la situation des lignes et des premiers préparatifs ; j'y joins quelques raisonnements sur la suite delà campagne, qui sont un peu hardis pour un jeune homme comme moi, mais cependant que je ne crois pas fort de travers. J'ai reçu cef matin la relation du combat sur le Danube ; nous avions déjà eu la même par Bâle et par le marquis de Puyzieulx. Je vous remercie aussi de l'argent que vous m'avez fait remettre ; vous savez que gens comme moi en ont besoin en de pareilles occasions.

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