Vol. Guerre KiGT, n
Le 8 au matin.
Depuis ma lettre écrite, j ai eu des nouvelles du maréchal de Tallard de Strasbouro- : les ennemis assiégèrent hier malin le château de Bischwiller avec six pièces de canon et deux mortiers ; mais ils en levèrent le siège à deux heures après midi et se retirèrent le long du Rhin. Il les fait suivre par deux mille chevaux pour tâcher d'attiaper quelque arrière-garde.
A Chamillart ^.
Au camp sous Brisach, le 10 septembre 1703.
Je crois que je vous dois aussi un remerciement. Monsieur, de ce que le Roi a fait pour les gens que je lui avois recommandés, et je le supplie encore de ne pas oublier Prince quand l'occasion s'en présentera, et je crois que vous voudrez bien vous y emplover aussi. Je suis ravi que le Roi m'ait accordé mon congé dans un temps où il n'y a plus rien d'important à faire, en m'assurant qu'il me renverra si cette occasion se retrouve ; mais je doute et ai toujours douté qu'elle revienne sitôt, par rapport au détachement de Flandre, que je n'ai jamais cru faisable. En sorte que je souhaite plus de revenir dans un mois ou six semaines que je ne l'espère. J ai si grand peur qu'on trouve quelque chose à dire à mon retour que je me servirai de la permission qui m'en est donnée plutôt quinze jours trop tard que six jours trop tôt ;car le retardement n'est rien et n'est jamais remarqué. Pour la permission de prendre de l'argent, j'espère que je ne m'en servirai point, ne voulant pas faire au Roi de dépenses inutiles.