‹ Lettres (volume 2)Chapitre 142 sur 195 · Vol. Guerre 1667, n · texte numérisé non relu

Vol. Guerre 1667, n

A Chamillart '.

Au camp sous Brisach, le 12 septembre 1703.

J'ai reçu ce matin, Monsieur, par le retour du courrier du maréchal de Tallard, votre paquet rempli d'une infinité de lettres, et j'ai appris en même temps que la nouvelle qu'avoit apportée Denonville n'avoit déplu ni au Roi ni à toute la cour. Il m'est revenu cependant quelque chose qui m'inquiète beaucoup : c'est le bruit qui court que je suis déjà parti poui' m'en retourner. Je crois cependant qu'après la manière dont j'ai éeiit au Roi en lui demandant mon congé, après ce qu il m'a dit de ne me point servir avec précipitation de la permission qu'il m'en donne, il me fait la justice de n'être point de ceux qui me croient déjà parti, ce (jui m'affligeroit sensiblement. J'ai trop d'envie de lui plaire et, j'ose dire aussi que je ne compte pas ma réputation et ma gloire pour si peu que de ne pas remplir tous mes devoirs et la volonté du Roi même avec surabondance. Je n'ai osé lui faire part de cette peine que j'avois, n'ayant rien trouvé de semblable dans sa lettre, et je me flatte qu'il ne m'attend que lorsqu'il n'y aura plus rien à faire qu'à subsister avec le plus de commodité pendant le reste de cette campagne. S'il avoit eu cependant quelques pensées pareilles sur moi, j'espère qu elles seront entièrement effacées de son esprit, quand il saura la conduite que je tiens ici, où je n'ai encore pris et ne prendrai de quelque temps aucunes mesures pour user de sa permission. Le maréchal de Tallard et le comte de Marcin peuvent être témoins que je ne fais rien sur cela avec précipitation, et au contraire, quoique ces bruits m'aient touchés sensiblement, je n'ai pas cru cependant, ainsi que je vous l'ai déjà dit que j'eusse besoin de justifications auprès du Roi, ne le croyant pas dans les mêmes idées que le reste du

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