Vol. Guerre 2081, n
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cleGaïul sur le canal du Sas, qui nous couvre en partie sur nos derrières, et on retranche encore ce canal. Il sera facile d'en empêcher aussi le passage aux ennemis qui ne peuvent le faire (ju'cntrc le Sas et ce fort. Il me parôîtque les choses sont en bonne situation, et il faut espérer de la protection de Dieu qu'elles y persisteront.
Le prince de .Monlba/.on m'a représenté que les officiers et les soldats du régiment de Picardie prisonniers en Hollande étoientdans un extrême besoin. Je crois que nous en aurons beaucoup bientôt dans le même cas et qu'il seroit très important de les soulager, sans quoi il est à craindre que beaucoup ne prennent parti dans les ennemis.
A Cha/nillartK Au camp de Lovendeghem, le 29 juillet 170<S.
Je reçus hier au soir par un de mes courriers, Monsieur, la lettre que vous m'écrivez par ordre du Roi au sujet des échanges. Il est constant que la proposition que les ennemis font aujourd'hui par le comte de Ruffey est la même qu'ils lui firent Ihiver dernier à Nivelle, d'échanger les prisonniers de caractère égal, n'ayant intention de retirer que les Anglois, Hollandois, et autres troupes à leur solde, sans y comprendre leurs alliés. Il paroît cependant, par l'état général des prisonniers que vous m'avez envoyé et par le contenu en la lettre que vous m'avez écrite, que le Roi consent à cet échange de caractère à caractère, si les Alliés en général veulent y comprendre sans distinction ce qui se trouvera de part etd'autre d'un caractère égal, et qu'il veut que, pour ceux qui n'y pourront être compris, que les Alliés leur accordent des congés de six mois, renouvelés nécessairement à chaque échange jusqu'à la paix, ce qui revient à la proposition que nous leur fîmes cet hiver de
1. Vol. Guerre 2081, n" 300. Au n°299, autre lettre du même jour, sans intérêt.
donner des confiés absolus à ceux qui ne seroient point échangés, à condition de ne point servir jusqu'à la paix, à moins qu'on ne trouvât auparavant lieu de les échanger. J'ai donc donné au comte de RufFey un extrait de votre lettre ; j'y ai joint un mémoire de quelques observations qui m'ont paru nécessaires, remettant à sa prudence à s'expliquer de manière que, sans rien changer aux volontés du Roi, il prît garde néanmoins à ne rien avancer qui pût choquer les ennemis et les éloigner d'abord de l'échange que l'on prétend conclure. Je m'y suis porté d'autant plus que, lorsqu'il arriva il y a huit jours, il me dit qu'au sujet du traité des échanges qui avoit été manqué au mois de février dernier, les dépêches des Etats-Généraux lui avoient marqué le respect extrême qu'ils conservoient pour le Roi, qu ils se souvenoient qu'il étoit autrefois leur bon allié, mais que, dans la situation des choses, ils ne croyoient pas qu'il leur convînt de recevoir des ordres de lui, voulant apparemment marquer par là qu'on leur avoit parlé sur le fait des échanges d'une manière qui leur avoit paru ordonner plutôt que proposer. Comme donc on renouvelle ici la proposition de Nivelle, et qu'il me semble que, dans notre situation, les ennemis me paroissent devoir être plus éloignés de l'échange qu'ils ne létoient alors, j ai cru qu avant que le comte de RufFey leur expliquât nettement les intentions de Sa Majesté, il étoit à propos qu'il leur marquât que le Roi de sa part étoit fort porté à le conclure, mais qu'il vouloit chercher en même temps les moyens de soulager ses sujets qui ne s'y trouveroient pas compris d'abord, et que c'étoit ce point qui l'avoit oblige à ne pas faire une réponse précise à la proposition des ennemis. Et en effet je ne sais s'ils ne seroient point assez choqués pour rompre d'abord toute négociation, de voir qu'on leur lait aujourd'hui la même proposition ou une équivalente à celle qu'ils refusèrent à Nivelle en dernier lieu. J'ai conseillé au comte de Ruffey, après avoir commencé à leur faire pressentir ce que le Roi
(lôsiroil, de se rcn(irc lui-m<^inc à la cour, comme les ennemis l'avoieni voulu d'aboicl, s'ils le lui proposent encore, pour instruire le Roi par lui-même des propositions des ennemis et savoir nettement ses intentions et leur reporter des réponses précises ; mais il m'a paru important qu'il évilâl de rompre avec eux tout d'abord, songeant cpi'ils seroient bien moins disposés à entrer présentement dans des vues qu'ils n avoicnt pu trouver, cet hiver dernier, convenables à leur intéièt.
J'écris au Uoi ce que nous songeons à faire pour assurer notre communication avec Nieuport, et les nouvelles que j'ai du chevalier. Je vous envoie un mémoire de quelques officiers qui m'ont demandé de parler pour eux au sujet des places vacantes dans la gendarmerie ; je ne prétends pas par là laire tort aux anciens qui sont gens de mérite, et je m'acquitte simplement de ce dont j'ai été prié.
J'oubliois au sujet de ces charges de vous dire que nous avons beaucoup de troupes qui manquent d'ofliciers et que c'est ce qui est plus nécessaire pour les bien conduire dans l'action.
Je joins aussi à celte lettre un mémoire dont l'exécution nous facilitera beaucoup le payement des troupes, et les achats nécessaires à faire en ce pays-ci. C'est le sieur de Calonne, homme de qualité et d'entendement, major du régiment de Barentin, et qui faisoit le détail delà cavalerie sous la Viérue, qui continue à le faire depuis sa prise. Il y a déjà du temps qu'il est dans ce détail, et il paroît qu'il est en bonnes mains.
J'ai aussi par provision commis le sieur de Fiennes, major du régiment Royal, pour faire la charge d'aide-major général de l'infanterie.
Au RoîK Au camp de Lovendeghem, le l^"" août 1708.
Jai reçu, par la lettre que Votre Majesté m'a fait l'honneur de m'écrire le 27 du mois passé, ses ordres au sujet des entreprises que les ennemis peuvent faire présentement et dont l'exécution paroît s'approcher, par les grands amas qu'ils font d'artillerie et de munitions qu'ils tirent de toutes parts pour les conduire à Bruxelles et le grand nombre de chevaux qu'ils rassemblent en même temps pour le service de leur convoi. Nous avons naturellement de gros partis dehors pour traverser cette assemblée autant qu'il sera possible ; mais je crois, comme le juge Votre Majesté, que, quand le convoi marchera, les ennemis l'escorteront, s'il est nécessaire, avec la moitié de leur grande armée pour le conduire sûrement au lieu pour lequel il étoit destiné et que, par conséquent, il nous sera comme impossible d'en empêcher le passage. Nous allons travailler maintenant au projet de jonction avec le maréchal de Berwick, qui sera différent selon la place à laquelle s'attacheront les ennemis. Il ne me paroît pas grande apparence qu'ils entreprennent le siège d'Ypres, qui leur deviendroit impossible à soutenir si dans le même temps on pouvoit se rendre maître d'Audenarde, et ce siège ne seroit certainement pas si long ni si difficile que celui d'Ypres. Ceux de Lille et de Tournay sont donc ceux entre lesquels on peut être en balance, et il y a sur tous les deux des raisons pour et contre qui tiendront dans l'incertitude jusqu'à ce que les ennemis se soient déterminés à l'une de ces deux places. Ainsi, comme l'ordre de Votre Majesté est égal dans ces deux cas, nous devons : prendre toutes les précautions pour avoir des correspondances dans ces villes par des signaux, ainsi que Votre Majesté le mande au maréchal de Boufïlers ; dresser le