Vol. Guerre 2082, n
projet pour se joindre au maréchal de Herwick ; lorsqu'il sera i{uesliou de niarclicr au secours, bien examiner les lieux pai' où il pourra ùlre plus lacile et les avantages que nous lirerons des inondaticms, et sonjijer de bonne heure à lormer des amas de lourrages dans nos derrières, munir ces villes-ci et rassembler le plus de troupes que nous pourrons, en éj;alanl les bataillons et escadrons et diminuant le nombre de ceux qui ont soufFert au dernier combat. Je crois qu'il sera dillicile d'envoyer Puységur lui-même au maréchal de Herwick, étant fort nécessaire à cette armée pour bien des détails, et plus nous lerons de mouvements, plus il le deviendra ; mais nous pouvons trouver d'autres gens capables de se bien acquitter de cette commission, et qui feront le même effet. Il est certain qu'il est d une certaine importance de secourir Lille ou Tournay et d'empêcher que ces places ne tombent entre les mains des ennemis ; mais le jour auquel on l'entreprendra sera une grande décision, et il faudra ne rien oublier pour en faciliter la réussite ; c'est sur quoi la volonté ne nous manquera pas certainement, et je désirerois fort que l'exécution en fût aussi assurée. Le bruit qui s'est répandu dans l'armée que nous avions ordre de Votre ^Majesté de secourir quelque place qui fût assiégée y fait un très bon effet et réveille le courage des troupes qui s'étoit laissé un peu abattre depuis la dernière affaire.
L'entrée dans l'île de Cadzand s'est exécutée heureusement, et je crois que le traité des contributions doit être présentement signé avec les otages que le chevalier du Rozel a amenés, sur le plus haut pied de celles que les ennemis établiront dans les lieux où ils ont pénétré ; mais le pillage y a été grand, et il seroit à souhaiter que les troupes fussent accoutumées à une plus grande discipline qu'elles ne le sont, les bataillons étant quasi restés avec les seuls drapeaux lorsque l'on est ressorti de l'île. Il est à craindre que les ennemis, jetant des troupes dans ces pays, ne refusent de payer les contributions et ne laissent souffrir leurs otages pour conserver leur argent.
Ma lettre étoit déjà commencée lorsque j'ai reçu par le comte de Bergeyck des avis que le dessein des ennemis éloil sur Mons, que le prince Eugène en devoit former le siège, et que le duc de Marlborough devoit commander l'armée d'observation. Comme la chaussée pavée qui vient de Bruxelles faciliterait beaucoup plus cette entreprise que les autres, j'ai ordonné à Don Marcello Grimaldi (jui y commande de s'y rendre en diligence ; c'est un bon et brave olficier capable de s'y bien défendre. J'écris au même temps au maréchal de Berwick les avis que j ai eus, afin qu'il veille à y jeter une bonne garnison avant que les ennemis en puissent former l'investiture. Comme je nai point d'ordre de Votre Majesté au sujet de cette place, elle me fera l'honneur de me mander ce que nous aurons à faire en cas qu'elle soit assiégée ; c'est une ville de conséquence ; après cela elle n est pas à Votre Majesté : mais elle couvre son pays.
J'ai appris aussi par le retour du sieur Puescli, que j'avois envoyé à Gand pour régler les contributions, que le traité avoit été signé absolument sur le pied de celui que les ennemis auront fait avec les députés d'Artois. Je supplie Votre Majesté d être persuadée qu'elle n'aura jamais de sujet plus zélé et plus obéissant pour l'exécution de ses ordres que moi, qui, avant l'honneur de lui appartenir de si près, suis encore plus engagé qu'un autre par le devoir et par le cœur à contribuer en tout ce qui dépendra de moi à sa satisfaction jointe au bien de l'Etat, et à lui témoigner en tout mon respect et mon attachement à sa personne.
-4 Chamillart '.
Au camp de Lovendeghem, le l*'"" août 1708.
Vous verrez. Monsieur, par la lettre que j'écris au Roi que nous allons prendre des mesures pour exécuter ses