‹ Lettres (volume 2)Chapitre 16 sur 195 · XVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XVIII INTRODUCTION

dis-je, est rempli d'autant de dangers qu'il y a de devoirs à remplir et ces dangers sont d'autant plus pressants que ces devoirs sont plus grands... Je m'aperçois qu'insensiblement, au lieu d'une lettre, je fais un sermon ; mais vous en voyez l'intention ; elle est droite certainement, et la matière que j'ai traitée d'abord ma bien fait faire des réflexions diflerentes sur le bonheur de mon fils d'être arrivé au ciel sans avoir essuyé ces horribles dangers où nous sommes et dont la seule correspondance fidèle à la grâce, la vigilance, le travail, la justice et l'accomplissement exact de nos devoirs nous peuvent tirer. Il est vrai que si le péril est grand, la grâce est abondante et que Dieu ne nous laissera jamais tenter au-dessus de nos forces *... »

Le duc de Bourgogne communiquait à son frère les nouvelles de la cour de France. Il s'était battu pour lui. Il n'avait pas voulu se mêler plus directement aux affaires d'Espagne. Il avait même, par un scrupule qui se comprend, hésité parfois à appuyer auprès de son aïeul les demandes de Philippe "V. Louis XIV était jaloux de son autorité et puis, entre le duc de Bourgogne et lui, il y avait encore Monseigneur >. Cependant, le Prince avait suivi avec douleur les intrigues qui paralysaient à la cour d'Espagne les efforts de la politique française. Pas un mot ne lui était échappé, au moment de leurs déplorables querelles, sur les d'Estrées, ni sur la princesse des Ursins. Une fois, cependant, quand le duc de Gramont fut envoyé comme ambassadeur à Madrid, il écrivit à son frère et à sa belle-sœur deux lettres pressantes, les conjurant de prendre

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