Vol. Guerre 2082, n
ordres. H esl corlaiii que le jour où l'on y travaillera tout de bon sera d'une grande décision. J'espère que l'on y réussiia ; mais il seroit bien dangereux d'y échouer.
I.c convoi arrive aujourd'hui au camp, et la facilité avec latjuelle il est passé lait jugf'i' (ju'on en peut encore faire venir d'autres. Vous savez mieux que moi de quelle importance il est d'avoir de l'argent et pour le paiement de l'ajniée et pour les achats nécessaires dans des cas comme ceux-ci.
Le traité des contributions avec l'île de Cadzand et les pays dépendants d Izendijke et de Biervliet est signé ; ils seront traités sur le même pied que les ennemis traiteront l'Artois, qui apparemment sera taxé le plus haut, et nous aurons environ dix mille écus comptant.
Les avis d'aujourd'hui sont que les ennemis doivent assiéger Mons, que le prince Eugène fera le siège, et le duc de Marlborough sera à l'armée d'observation. J'y envoie Don Marcello Grimaldi qui y commande, pour T'tre en état de bien défendre cette ville si elle étoit assiégée, et y jeter des troupes si elle est menacée véritablement.
Le marquis' de Menou, enseigne des gendarmes écossois et le plus ancien de tous les enseignes de la gendarmerie, m'a demandé de parler pour lui afin qu'il puisse monter à la lieutenance qui vaquera par la promotion d'un souslieutenant à la compagnie de gendarmes de Berry, et le chevalier de Roquelaure, frère de celui qui vient de mourir capitaine au régiment de Gondrin, demande une place de guidon ou d'enseigne dans la gendarmerie. Je m'étois engagé avec Artagnan pour demander que l'on pût échanger son neveu colonel d'infanterie, prisonnier depuis deux ans, contre un colonel des troupes d'Hanovre ([ue nous avons prisonnier à Gand, mais je ne sais si je dois suivre cette vue depuis que je sais que M. de Beauvillier demande la même chose pour Monsieur son frère.
Au Roi K Au camp de Lovendeghem, le 2 août 1708.
La lettre que j'eus l'honneur d'écrire hier à Votre Majesté l'informera des mesures que nous devions prendre au sujet des entreprises que les ennemis peuvent former. J'ai reçu depuis celle que vous m'avez écrite le 30 du mois passé ; c'est une chose fâcheuse que l'Artois n'ait pu se dispenser d'être soumis à la contribution; mais, le maréchal de Berwick prenant la résolution, comme il vous aura sans doute mandé, de veiller sur toutes choses à protéger la Picardie, je ne crois pas que les ennemis puissent faire passer l'Authie et encore moins la Somme à de petits partis. Le maréchal de Berwick seroit en état de leur couper chemin pour la retraite, et le passage de la Somme surtout ne seroit possible qu'à un gros corps qui le prendroit de force. S'ils se déterminoient à ce dernier parti et que par là ils séparassent si considérablement leurs armées, nous ne perdrions pas un moment, selon les intentions de Votre Majesté, pour marcher à celle qui demeureroit du côté de Menin, et nous concerterions là-dessus avec le maréchal de Berwick afin qu'il s'avançât en même temps, et, si nous avions battu cette partie de leur armée, la retraite deviendroit très difficile à l'autre. Nous avons déjà fait ouvrir des marches sur eux, et les allons pousser encore plus en avant ; mais il ne sera pas aisé dans tous ces pays-ici, à moins que l'armée entière des ennemis n'eût gagné les plaines d'Artois, il sera, dis-je très difficile d'y faire agir de gros corps de cavalerie, et Votre Majesté sait mieux que moi à quel point ils sont coupés. Après cela je doute que les ennemis séparent ainsi leur armée dans un temps où leurs préparatifs approchent d'être finis et où il semble qu'ils doivent bientôt exécuter le dessein qu'ils