‹ Lettres (volume 2)Chapitre 162 sur 195 · o\. Guerre n" 2082, n · texte numérisé non relu

o\. Guerre n" 2082, n

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ont formé ; d'ailleurs ils perdroient l'avantage de leur supériorité, «H liasarderoient qu'en faisant des marches de concert avec le maréchal de Berwick, ainsi que je viens de vous le dire, nous ne prissions notre revanche avec un extrême avantage, et il ne faut pas doutei- qu'ils ne lassent ces raisonnements ; c'est ce qui me fait penser que jamais ils ne s'éloigneront les uns des autres à plus de deux marches. Si nous étions dans la nécessité de marchei- à eux pour les attaquer, dans le dernier cas que me marque à Votre Majesté, soit pour secourir la place qu'ils auroient assiégée, soit même pour faire le siège d'Audenarde, je crois qu'il suffiroit de laisser des garnisons dans Gand et dans Bruges et de ramasser le plus de troupes que nous pourrions, parce que les ennemis, attachés ailleurs, ne songeroient point alors à marcher à ces places, et que le corps qu'ils laisseroient devant celle qu'ils assiégeroient, nous donneroit une grande supériorité sur eux dès qu'ils s'en éloigneroient considérablement.

Je suis toujours dans l'idée, et M. de Vendôme y est aussi, qu'ils renonceroient à leurs contributions de Picardie, même à celles d'Artois pour ravoii- Gand et Bruges, et qu'un mouvement précipité par où nous découvririons ces deux places, seroit le plus grand plaisir qu'on leur pût faire. C'est ce qui feroit qu'en cas de siège de leur part du côté de la mer, il les faudroit voir bien assis avant que d'attaquer Audenarde, qu'on auroit, je crois, pris avant qu'ils eussent fait leur conquête. Toutes les munitions pour attaquer Audenarde sont à Douay ; mais, comme ce poste est à présent fort en avant, j'ai donné ordre à Saint-Hilaire d'en faire transporter une partie à Cambray et à Valenciennes, et l'on sera plus à portée de les conduire où l'on voudra que si cela demeuroit à Douay, et il me paroît d'ailleurs qu'ils ne poussent point si vivement les contributions en avant, et que, s'il a paru quelques détachements du côté de Doullens, leur corps principal est toujours à Lens, du moins il y étoit encore hier que le courrier de Votre Ma-

jesté partît d'Arras. Quant à ce qui regarde leur flotte qui est à l'île de Wight et les troupes qui y sont embarquées, il me semble que les entreprises de mer ont fait ordinairement plus de bruit qu'elles n'ont eu de succès, et que les établissements que les ennemis pourroient fonder sur une communication par mer ne vaudroit pas la communication par terre, qu'on seroit en état de leur couper ; après quoi l'on pourroit songer à les chasser des pays où ils seroient établis.

Pour le siège d'Ostende, Votre Majesté raisonne très juste quil seroit difficile et inutile ; nous n'y avions pensé que pour assurer une communication de Bruges à Nieuport, et Ostende n'y servant de rien, si les ennemis venoient sur le canal du côté de Leffinghem, quand même elle y pourroit servir, les difficultés à faire ce siège seroient tout autres pour nous que pour les ennemis qui étoient maîtres de la mer quand ils le firent, et les transports infinis. Il y avoit quelques avis qui disoient qu'une partie du convoi des ennemis devoit marcher aujourd'hui, et en effet ils préparent des chemins du côté d'Enghien ; mais les bons avis n'en disent rien, et je ne crois pas qu'il puisse être encore assemblé, non plus que les chevaux pour les conduire. Je supplie Votre Majesté de me continuer ses bontés et d'être persuadée de mon tendre et respectueux attachement à sa personne qui ne finira qu avec ma vie.

A Chamillart'^.

Au camp de Lovendeghem, le 6 août 1708.

Je n'ai point écrit au Roi ces trois jours-ci. Monsieur, n'ayant eu rien de particulier à lui mander, et j'attends à le faire par un courrier que je dépêcherai apparemment demain et qui arrivera aussitôt ou même plus tôt que cette lettre. Les préparatifs des ennemis s'avancent, comme vous

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