‹ Lettres (volume 2)Chapitre 163 sur 195 · Vol. Guerre 2082, n · texte numérisé non relu

Vol. Guerre 2082, n

le savez par le maréchal de Herwick, et je ne crois point qu'ils lejjfardenl Lille ; toutes les nouvelles présentement (lisent qu'ils regardent Mons.

J'avois envoyé Alherj^otii avant-hier avec deux brif^ades irinlantcrie et les piquets de la i^'auche sur un avis qu'il sortoil d'Audenarde six bataillons pour aller à Bruxelles. L'avis étoit vrai : mais il ne put les joindre, et d'ailleurs ils avoient avec eux (juinze cejits chevaux, et Albergolti n'en avoil pas tant ; il rentra hier.

Aujourd'hui j'ai envoyé camper de l'autre côté deGand vers la porte de Bruxelles les carabiniers, une autre brigade de cavalerie, trois d'infanterie, et nos dragons, sous les ordres du chevalier de Rozel, tant pour nous soulager dans nos subsistances t[ue pour le mettre plus à portée de tenter de pareilles entreprises, s'il y avoit quelque jour à cela, ou d'obliger les ennemis à marcher avec plus de précaution et par conséquent de lenteur.

Le marquis de la Porte étant mort, MM. deMenouetde Lordat demandent sa sous-lieutenance, et le sieur de Galonné, major du régiment de Barentin, qui lait ici le détail de la cavalerie, homme de mérite et de condition, demande quelque guidon de ceux qui viendront à vaquer. Je vous envoie son mémoire ci-joint. Sur ce que vous m'écrivez pour laide-majorité générale de l'armée de Flandre, je fais exercer par provision par de Fiennes, major du Royal, le premier de ceux qui ont été proposés au Roi, et dont on m'a dit beaucoup de bien. Le sieur Gook, colonel réformé à la suite du régiment de Nogent, m'a aussi parlé pour avoir le régiment de Fitzgerald ; mais je serois bien fâché de préjudicier en rien au lieutenant colonel. Il y a encore un homme ici pour qui je crois devoir vous parler, c'est le sieur Puesch, commissaire des guerres, qui me paroît servir avec beaucoup de zèle et d'exactitude ; il fait depuis un mois tous les détails de l'intendance en l'absence de M. de Bernières ; il y a longtemps qu'il sert et demanderoit d'être fait commissaire ordonnateur. On m'a dit qu'il

avoit passé devant lui de ses cadets ; à tout ce que j'en vois et qui m'en revient, il paroît qu'il mérite qu'on fasse pour lui.

J'ai vu le comte de Bergeyck, qui croit qu'il seroit nécessaire que des entrepreneurs songeassent à remettre des fourages à Gand et à Bruges, et qu'il faut s'y prendre de bonne heure pour n'être pas surpris, et je crois qu'il ne seroit pas mauvais aussi d'en faire des amas du côté d'Arras, de Cambray et de Valenciennes, pour pouvoir avancer aux lieux où il seroit nécessaire, peut-être même pourroient-ils servir en quelque occasion à la subsistance de l'armée.

Au RoiK Au campde Lovendeghem, le 7 août 1708.

J'ai vu dans les deux dernières lettres que Votre Majesté m'a fait l'honneur de m 'écrire, la peine que lui faisoient les dures conditions que les ennemis avoient imposées à l'Artois en le soumettant à la contribution ; le traité a été fait avec l'île de Cadzand et les pays d'Izendijke et de Biervliet aux mêmes conditions que l'Artois seroit traité ; ainsi je crois qu'il seroit présentement difficile d'en faire davantage.

Le comte deRuffey m'a écrit, en partant de l'armée ennemie pour se rendre auprès de Votre Majesté, que les ennemis se radoucissoient beaucoup au sujet des échanges, ainsi cela me donne lieu d'espérer que vous serez content de ce qu'il vous aura rapporté, et que cette affaire se terminera heureusement.

Nous ferons tout ce que nous pourrons pour tirer de ces pays-ci les secours d'argent, de grains et de fourrages, et je crois qu'on ne peut mieux faire que s'en remettre à la prudence du comte de Bergeyck.

1. Vol. Guerre 2082, n" 74. Au n** 75, une lettre conforme à Chamillart.

Il me paroîi (|iie le duc de Vciul(\me et moi agissons de plus eu plus de conceri en toutes choses, et j'espère que cela ira toujours également.

Votre Majesté saura déjà apparemment que le grand convoi des ennemis est pai'ti hier à midi de Bruxelles, tenant le chemin de Mons; mais, jusqu'à Soignies, il peut ne se point déterminei-. .l'ai envoyé hier le chevalier du Rozel camper de l'autre coté de Gand avec les carabiniers, une autre brigade de cavalerie, trois d'infanterie, et tous nos dragons pour être plus en état de se porter promptement en avant, s'il éloit nécessaire, etdonner de l'inquiétude aux ennemis du côté de laDendre et de Bruxelles.

Il y a trois jours (ju'Albergotti marcha avec les piquets de cavalerie de la gauche et deux brigades d'infanterie du côté de Grammoni, où six bataillons dévoient passer conduisant le reste de nos prisonniers à Bruxelles ; ils avoient avec eux quinze cents chevaux ; mais, dès qu'ils surent la marche d'Albergotti, ils tournèrent sur Lessines et sur Ath. Si nous avions pu réussir dans cette entreprise, j'aurois eu plus tôt l'honneur de le mander à Votre Majesté. Je la supplie d'être persuadée que personne ne mérite mieux ses bontés que moi par mon respect et mon attachement à sa personne.

A ChamillartK Au camp de Lovendeghem, le 8 août 1708.

Il m'est revenu, Monsieur, que le sieur Bernard, dans une lettre écrite le 3® de ce mois, mande que toutes les sommes qui ont été payées et qui le seront à l'avenir par ses correspondants, doivent être employées pour le service des vivres. Une partie de ces sommes a déjà servi au paiement des troupes ; il seroit à craindre qu'un tel changement n'empêchât le paiement des troupes dorénavant, ce qui doit aller

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