‹ Lettres (volume 2)Chapitre 172 sur 195 · Vol. Guerre 2083, n · texte numérisé non relu

Vol. Guerre 2083, n

Projet pour secourir Lille du 26 septembre 1708 ^

Suivant ce (jii'oti est convenu avec la personne qui se charge de conduire le secours dans Lille et qui a été envoyée par M. le maréchal de Boulflers, on partira de Douay à l'entrée de la nuit du vendredi au samedi, qui est celle du 28 au 29. Le secours marchera par le grand chemin qui va de Douav à Lille, passant au Pont-à- Marque et Ennetières, d'oii, laissant le grand chemin à sa droite il prendra un chemin qui mène droit au moulin de l'Arbrisseau, où il prétend (juil n'y a pas de barrière ni de lignes à l'endroit des cliemins. Lorsqu'ils seront arrivés auprès de l'Arbrisseau, ils pousseront droit à la ville du côté de la porte de Notre-Dame.

M. Dolet envoie demain à M. le chevalier de Luxembourg quarante dragons, avec des oiïîciers choisis qui connoissent bien le pays et les chemins dont il est question. Outre cela, on détachera demain de l'armée, après l'ordre, trois cents maîtres choisis, carabiniers, allemands ou anglois, commandés par MM. de Tournelort et d'Arenberg, lesquels on envoiera coucher dehors, et on leur donnera leur instruction, qui sera de se rendre à Pont-à-Rache à l'entrée de la nuit du 28 au 29 pour y recevoir les ordres de M. le chevalier de Luxembourg.

M. le chevalier de Luxembourg, du moment qu'il aura reçu l'instruction ci-jointe, fera préparer la poudre, ainsi que M. de Saint-Hilaire le marque, avec toute sorte d'attention pour que cela ne puisse être pénétré, et prendra de sa cavalerie ou dragons jusques à deux mille chevaux, lesquels n'auront d'autre harde que leurs manteaux, dont ils couvriront les sacs en cas de pluie. Il choisira, dans l'infanterie qu on lui a donnée et de ce qui est en garnison à

1. Vol. Guerre 2083, n» 144, de la main de M. de Charment, secrétaire du prince.

Douay, tous les grenadiers, et le plus de gens choisis qu'il pourra dans les régiments, qu'il mettra à cheval à la place des cavaliers, et gardera des hommes de la cavalerie et dragons choisis pour mener avec lui. Chaque cavalier, au lieu du mousqueton, prendra un fusil, qui leur sera donné de l'arsenal. On laissera les timbales et les étendards des escadrons à Douay.

Il laissera entrer, le 28, dans Douay tout ce qui se présentera ; mais il consignera soigneusement aux portes de ne laisser sortir personne, afin d'avoir pu tout disposer avant la nuit. Il aura soin pareillement que personne ne puisse sortir pendant ladite nuit, et envoiera à Pont-à- Rache faire arrêter tout ce qui sortira devant et après lui. Il trouvera MM. de Tournefort et d'Arenberg avec trois cents maîtres au Pont-à-Rache, dont M. de Tournefort en prendra seulement cent choisis, pour marcher à la tête de tout avec les quarante dragons de Parpaille, et cinquante marcheront à la queue.

Il faut tâcher, tant que faire se pourra, que ceux qui seront chargés de poudre ne tirent point, et qu il y ait à la tête des gens qui parlent allemand et qui répondent : « Vive Hollande ! » et nomment des régiments de l'armée ennemie.

Il mettra à la tête et à la queue de ses troupes des officiers entendus, pour faire remplir les chemins et serrer les troupes, poussant devant lui sans s'arrêter à ce qui viendra derrière, marchant toujours en avant, et, lorsqu'ils seront arrivés près du chemin couvert, s'ils y étoient poussés, il fera jeter toutes les poudres dans le chemin couvert. Mais, comme M. de Boufllers sera averti de sa marche et du lieu où il devra arriver, il le trouvera apparemment avant qu'il soit aux barrières, et, pour se reconnoître avec les troupes de M. de Boufflers, quand on demandera: Qui vive ! il répondra : Vive Bourgogne, dont M. de Boufflers sera instruit.

Les cent cinquante maîtres restant des trois cents de M.

de Tournefort marcheront à la queue de tout seulement jusqu'au village d'Knnetières, et y demeureront pour attendre la réussite et rapporter des nouvelles.

Si M. de Luxemhourj^ ne peut pénétrer, ni aucune pai'tie de ses troupes, ce cjui n'entrera pas se retirera par le chemin du Pont-à-Vendin, à l'effet de quoi la garde du Pont-à-Vendin sera avertie par lui d'être alerte cette nuit.

Les quarante dragons do Parpaille porteront chacun un outil, pelle, pioche, hache ou serpe.

Toutes les troupes, hors les dragons de Parpaille et le détachement de Tournefort, porteront chacim un sac de cinquante à soixante livres de poudre.

^4 Chamillart '.

Au camp du Saussois, le 26 septembre 1708.

Je vous envoie, Monsieur, une lettre du maréchal de lîoufTlers: j'en ai fait prendre une copie auparavant; elle m'a déterminé à ce que vous verrez par le mémoire que je joins ici ~. J espère tout si nous y pouvons réussir, aussi bien qu'à barrer tout convoi d'Ostende, ce qui me paroît devoir être présentement avec ce qu'il y a de troupes et le renfort que j'y envoie encore.

Les témoignages que vous me rendez de Madame la duchesse de Bourgogne me font un extrême plaisir venant d'un homme aussi véritable que vous. Je souhaite que le public soit aussi content de moi qu'il paroît l'être d'elle. Il me semble du moins qu'il le doit être de mes intentions.

1. Vol. Guerre 2083, n" 143. Sous les numéros 155 et 108, il y a deux autres courtes lettres à Chamillart, des 27 et 30 septembre.

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