‹ Lettres (volume 2)Chapitre 174 sur 195 · C'est le mémoire indiqué ci-dessus, p · texte numérisé non relu

C'est le mémoire indiqué ci-dessus, p

ment supérieure à l'ennemie, qui de plus aura beaucoup perdu devant Lille.

Les pionniers qui ont travaillé à nos retranchements de l'Rscaut, ayant fini leur ouvrage à peu de chose près, je vais les employer à travailler sur la Scarpe, ce qui paroît absolument nécessaire. J y envoierai aussi incessamment un maréchal de camp avec de la cavalerie pour remplacer le chevalier de Luxembourg et les troupes qu'il a fait entrer dans Lille.

Il me paroît (jue le mémoire embrasse les deux objets principaux, savoir la conservation du pays de Votre Majesté avec celle de Gand et de Bruges. C'est à Votre Majesté à décider de bonne heure, afin que nous ne soyons point obligés à prendre un parti précipité, ce qui ne se peut iaire aussi bien que lorsque tout est disposé pour tous les cas.

Je viens de recevoir la lettre du maréchal de Boufflers dont je joins ici la copie avec quelques nouvelles.

Le duc de Vendôme m'a demandé d'aller à Bruges prendre connoissance par lui-même de toutes choses et des dispositions que l'on peut prendre pour empêcher à l'avenir les ennemis de se communiquer avec Ostende. J'ai cru que celapouvoit être utileau service de Votre Majesté ; il part demain matin et compte de n'être que trois jours à son vova^e : Puvségrur va avec lui.

Je supplie Votre Majesté de me conserver toujours ses bontés ; personne ue les mérite plus que moi par ma soumission, mon respect et mon attachement à sa personne.

J'oubliois de dire à Votre Majesté que c'est le comte de Lille que j'envoie à Douay avec trois régiments de cavalerie, et je mets un bataillon de plus à Saint-Amand. J'ai cru que, comme il étoit question de garder la Scarpe et la retrancher, il étoit bon que ce fût un officier d'infanterie qui commandât en ce pays, et le comte de Lille est des meilleurs que nous ayons ici.

A Chamillart^.

Au camp du Saussois, le 1" octobre 1708.

La lettre que j'écris au Roi, Monsieur, et le mémoire relatif qui y est joint, contiennent ce que je pense, et ce qui se peut faire clans tous les cas que nous sommes à la veille de voir arriver. Si le Roi approuve les arrangements proposés, il faudra retirer quelques troupes du côté de Bruges, de celles qui ont souffert à Audenarde, et y en faire passer d'autres en meilleur état, afin que les premières se puissent rétablir plus facilement durant l'hiver. Et, si le Roi avoit dessein de reprendre Lille, si les ennemis s'efforçoient pour le conserver après l'avoir pris, on ne sauroit trop tôt faire les arrangements de troupes et de vivres, en se servant même d'une partie des armées d'Allemagne et de Dauphiné, pour lesquelles on n'a rien à craindre pendant l'hiver. Mais tout ceci ne sauroit être trop secret; ma lettre ni le mémoire, qui est du maréchal de Berwick, n'ont point été communiqués à ^L de Vendôme; ainsi il sera bon qu'il ne sache pas que ces choses viennent d'ici. Si le Roi prenoit le parti d'envoyer ^L de Vendôme du côté du canal, vous savez la conséquence dont il seroit qu il eût des ordres positifs de s'en tenir à la défensive. Vous voyez la confiance avec laquelle je vous parle, et que cettre lettre ne doit être uniquement que pour vous.

Je ne vous envoie point de lettre pour M. de Beauvillier, n'ayant rien à lui mander ; vous savez qu'il est excepté du secret que je vous demande pour tout le monde.

Depuis ma lettre écrite, ^L de Vendôme m'a demandé d'aller à Bruges: peut-être seroit-ce l'occasion de faire ce qui est proposé, en le renforçant de quelques troupes ; il

1. Vol. Guerre 2083, n° 175. Du même jour, sous le n° 176, il y a une autre lettre au même, sans intérêt, et aussi une autre, du 4 octobre, sous le n" 192.

n'y a que sa négligence que je craindrois ; car il ne faudra pas être surpris de ce côté-là, non plus qu'ici.

A Chamillart^.

Au camp du Saussois, le 5 octobre 1708.

La lettre t|U(' j'écris au Roi-, Monsieur, répondant aux dernières que j'en ai reçues, je ne puis rien ajouter à ce que j'y explique et y propose. J'en ai envoyé la copie à M. de VendAme qui, comme vous le verrez par sa lettre, se porte de lui-même à demeurer du côté de Bruges tant qu'il y aura quelque chose à y faire. Il me semble que, quant à présent, nous ne pouvons mieux agir en offensive qu'en empêchant le passage d'aucun convoi. Les ennemis avoueiit eux-mêmes avoir eu mille hommes tués ou blessés au combat de Wynendaele ; cela est plus considérable que M. de Vendôm!3 ne le croit.

Il me semble (pi'il n'y a rien de plus important que d'exécuter l'idée de faire transporter les grains d'Artois dans les villes ; rien ne pourroit plus servir que ces grains aux ennemis pour sétaljlir dans le pays du Roi.

Vous direz à M. de Beauvillier que j'ai reçu ses deux lettres du 3, et que je n'ai rien à lui dire aujourd'hui.

Il y a deux jours que je n'ai eu des lettres du maréchal de Boufflers; les uns disent qu'il fit une sortie avantageuse avant-hier, et les autres que les ennemis, après une longue attaque, se sont entièrement logés dans un des tenaillons; j'en attends des nouvelles avec impatience.

Un homme, arrivé ce soir de l'armée du siège, rapporte que les ennemis avoient pris avant-hier les tenaillons, et que le maréchal de Boufflers les en a rechassés hier et leur a tué beaucoup de monde.

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