‹ Lettres (volume 2)Chapitre 175 sur 195 · Publiée dans les Mémoires militaires, tome VIII, p · texte numérisé non relu

Publiée dans les Mémoires militaires, tome VIII, p

Au RoiK Au camp du Saussois, le 7 octobre 1708.

J'ai l'honneur d'envoyer à Votre Majesté deux lettres du maréchal de BoufRers pour elle, et deux pour moi, cfue j'ai reçues toutes aujourd'hui. Elle verra par ce qui y est contenu, que les ennemis pressent la place, et cependant il est quasi certain qu'ils manquent de ce qui leur est nécessaire pour en venir à bout. Ils ont fait hier et aujourd'hui des détachements considérables de leur grande armée, qui ont pris le chemin de Rousselaër pour aller au-devant d'un second convoi, qui s'assemble cette fois à l'Ecluse et qu'ils prétendent faire passer le grand canal entre Bruges et Gand. Cependant les nouvelles coupures laites près de Nieuport forment tout de bon l'inondation, et dans peu de jours, le chemin d'Ostende sera entièrement fermé. J'ai donné avis de ce mouvement au duc de Vendôme et j'envoie le comte d'Estrades à Gand avec les brigades de Navarre et du Royal, qui font huit bons bataillons, pour le joindre, s'il le juge à propos ; car il me paroît d'une nécessité absolue qu'il ne passe plus le moindre convoi. Je ferai remplacer ces troupes, qui sont au camp près d'Audenarde, et il me restera encore dans tous les camps, le long de l'Escaut, quatre-vingts bataillons, avec lesquels je crois n'avoir rien à craindre. Il y a des avis qui disent que le duc de Alarlborousfh est marché lui-même au-devant de ce convoi, et si, comme je l'espère, on peut l'empêcher de passer, je me flatte que je pourrai envoyer encore quelque bonne nouvelle à Votre Majesté avant qu'il soit peu.

1. Vol. Guerre 2083, n° 216. Du même jour n° 217^ une courte lettre à Chaniillart.

A Chamillart *.

Au camp du Saussois, le 8 octobre 1708.

J'iii reçu ce matin votre lettre d'hier, Monsieur, avec celle du Roi d'avant-hier, Je n'ai point l'honneur de lui écrire, n'ayant rien de précis à lui mander du mouvement des ennemis, qui paroissent présentement vouloir tirer leurs convois de l'Ecluse et du Sas-de-Gand. Comme la poste est plus tardive que les courriers, je l'en j)ourrai peutêtre instruire avant que vous receviez cette lettre. Quand je parle d'exécution militaire, dans celle que j'ai écrite au sieur de Bernaj^e, pour obliger les paysans de l'Artois de porter leurs grains et fourrages dans des lieux fermés, mon intention n'a pas été de l'exécuter, et même qu'il sût les intentions du Roi incessamment {sic), ce que je lui en avois marqué n'étant qu'en attendant. Je n'en ai point écrit au Roi parce que j'ai compté que le sieur de Bernage lui en rendroit compte selon que je lui en avois écrit. J'attends de ses nouvelles lorsqu'il aura été à Béthune, et suis bien éloigné de faire faire par violence ce dont on peut venir à bout par la douceur.

Quant à ce qui regarde ce passeport accordé aux équipages du duc de Malborough, il a été donné à trois charrettes pour reporter à Bruxelles ce qui étoit le plus inutile dans son bagage, et revenir chargées de provisions pour sa maison. Je ne croyois pas qu'une chose de cette nature pût ni dût parvenir aux oreilles du Roi, et je n'aurois pas manqué de l'en informer si je l'avois cru de la moindre conséquence. Je ne pensois pas non plus qu'on dît, comme il me revient de la cour, que j'ai donné passeport aux équipages des ennemis. Je voudrois, au contraire, qu'ils en eussent quatre ou cinq fois davantage et qu'ils ne sussent de quoi les nourrir. J'ai ordonné à Charmont de vous

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