Ibidem, n
3f>2 APPENDICE.
die de ce côté-là, comme ils le disent. Je serai peut-être obligé d'y faire avancer des troupes et peut-être de m'y porter moi-même ; car je ne crois pas que Votre Majesté veuille que je demeure sur 1 Escaut, tandis que l'ennemi entrera en France ; car, alors, la communication de Nieuport à Bruges deviendroit la seule pour nous. J'attendrai cependant le plus tard que je pourrai à faire ce mouvement, et j'espère entre ci et ce temps-là avoir les ordres de Votre Majesté sur la lettre que j'ai eu l'honneur de lui écrire le 23 au soir.
Le duc de Vendôme m'avoit écrit que son sentiment éloit toujours de rassembler l'armée de l'autre côté de la Lys pour couvrir Bruges et Gand et donner la main au pays de Votre Majesté par Ypres: mais les ennemis du côté de lArtois empêchent, à ce qu il me semble, que l'on ne puisse penser à ce projet, le principal étant de conserver votre royaume. Il faudra aussi bientôt quitter ou l'Escaut ou le grand canal, selon que j ai eu Ihonneur d'en écrire à\otre Majesté, qui sait les inconvénients qui peuvent arriver en chacun de ces cas, et que je ne puis tout garder en même temps, ainsi que jai eu l'honneur de l'expliquer à Votre Majesté. Je reçois dans ce moment la lettre que Votre Majesté m'a fait l'honneur de m'écrire hier ; les mouvements des ennemis m'obligeront peut-être à prendre mon parti et à marcher du côté de l'Artois, avant que de voir le duc de Vendôme, qui ne peut être encore ici de quelques jours ; car, Votre ^Majesté ne me donnant point d'ordres précis sur la liberté que j'avois pinse de les lui demander, je ne puis douter qu'avant tout vous ne vouliez que votre royaume soit à couvert des ennemis. Les affaires peuvent devenir pressantes à un tel point que le sieur Chamillart arrivera peut-être après que notre parti sera pris, ce qui paroît ne devoir pas tarder.
\PPENDICE. 363
A Clinmilldrl '.
Au ramp du Saussois, le 26 octobre 1708.
Je crains bien, .Monsieur, ainsi (jue vous le verrez par la lellre (jue j'écris au Hoi, que les ennemis ne m'obligent de prendre un parti avant que de pouvoir parler i» M. de Vendôme et que vous ne soyez arrivé. Il iaudra prendre des précautions pour votre sûreté plus étendues que d'ordinaire d'ici il Valenciennes ; car je ne réponds pas qu'il n'y ait ce soir des houssards à la porte de Péronne, et, si j'envoie une fois des troupes du côté d'Arras, ce qui restera ici ne sera pas suffisant pour garder l'Escaut.
Au Roi '-.
Au camp du Saussois, le 27 octobre 1708.
Le sieur de Tournefort, allant près de Votre Majesté de la part du maréchal de Boufïlers, m'a remis une lettre de ce maréchal du jour qu'il alloit entrer dans la citadelle. J ose me joindre encore à lui pour supplier Votre Majesté d'avoir égard à ce qu'il lui demande à l'égard des principaux officiers qui se sont si bien distingués depuis six mois et plus.
Je n'ai rien eu de nouveau ce matin de ce qui se passe en Artois, ni de l'armée du duc de Marlborough, qui n'a pas encore fait de mouvement jusqu'ici.
Au Roi\ Au camp du Saussois, le 28 octobre 1708.
J'ai reçu hier les deux réponses du duc de Vendôme que j'attendois, ainsi que j'avois eu l'honneur de le marquer à