‹ Lettres (volume 2)Chapitre 18 sur 195 · INTRODUCTION. XXI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXI

Mais ces amabilités n'empêchent pas Louis de garder son indépendance sur le fond des choses : « Pour ce qui regarde le retour delà princesse des Ursins, écrit-il au Roi d'Espagne, je ne crois pas que je puisse faire grand chose sur une telle affaire et que le Roi suivra plutôt les pensées que lui suggèrent sa sagesse et son expérience que ce que je pourrais en dire. Cependant soyez persuadé que mon plaisir sera toujours de vous procurer le vôtre et qu'en toutes occasions ce sera un de mes premiers motifs après le bien du service du Roi et du vôtre ' » .

Deux jours plus tard, il reviendra sur la même idée : « Je ne reprends rien du détail que vous me faites de la conduite de la princesse des Ursins ; c'est mi Roi et non pas à woiàen juger et, comme vous le dites vous-même, à moins qu'il n'y ait nécescité, je n'aime pas à me mêler principalement à ces sortes d'affaires... Je ne doute point quelle ne vous soit infiniment attachée et par devoir et par le cœur, et comprends aisément le désir que vous auriez de la recevoir auprès de vous. Ce serait, dans le désir que j'ai de vous donner des marques de ma tendre amitié, une occasion qui me serait très précieuse, si je pouvais faire là-dessus ce que vous désirez, vous assurant que je vous aime toujours plus que ma vie^ ».

Le duc de Bourgogne se borna donc à recevoir obligeamment la princesse des Ursins et à l'entretenir longuement ; mais il ne fut pour rien dans son renvoi à Madrid. Aussi n'accepta-t-il pas les remerciements que la Reine lui exprima à cette occasion : « Vous verrez par la lettre que j'écris au Roi. mon frère, que je n'ai pas eu le temps de m'employer auprès du Roi pour le porter à vous renvoyer la princesse des Ursins, et il en avait déjà formé le dessein ; ainsi je ne mérite vos remerciements là-

1. Le duc de Bourgogne au roi d'Espagne, 11 janvier 1705.1,66.

2. Le duc de Bourgogne au roi d'Espagne, 13 janvier 1705.1, 71.

Page 1