XXII INTRODUCTION
dessus qu'en qualité d'homme qui désire de vous plaire en tout ce qui dépendra de lui * » .
Leduc de Bourgogne avait bon cœur et il souffrait de ne pas obtempérer aux vœux de son frère et de sa belle-sœur. Il faisait oublier, ou il essayait de faire oublier ces refus de service par l'intérêt passionné qu'il témoignait aux entreprises du Roi et par un empressement touchant aux désirs fraternels qu'il pouvait satisfaire : « Je serai ravi de vous pouvoir envoyer d'ici des livres qui vous délassent et vous accoutument à ne pas abandonner l'étude tout à fait. Je souhaite que la Reine y prenne goût avec vous, car, sans cela, j aurais bien peur que vous n'aimassiez mieux être longtemps avec elle plutôt qu'avec mes pauvres livres, Je m'acquitterai cependant de votre commission. Un des premiers qui paraîtra sera le onzième volume deVHistoire ecclésiastique ; je ne sais si vous avez eu les précédents ^ ». Il félicite la Reine de son goût pour la lecture et de sa curiosité à rechercher les actions « des grands hommes dans les pièces originales ». Et il ajoute avec une certaine fierté : « Les histoires modernes vous montreront des héros aussi bien que les anciennes... vous y verrez de grands capitaines aussi bien que chez les Romains, et même parmi vos ancêtres, ce qui doit vous donner pour le moins autant de curiosité que la fameuse antiquité ^ » .
L'abbé Fleury fut chargé de rechercher les livres demandés,
1 . Le duc de Bourgogne à la reine d'Espagne, 8 octobre 1705, I, 78.