INTRODUCTION. XXIII
et surtout un « Tite-Live français » auquel la Reine d'Espagne paraissait tenir fort '.
Le duc de Bourgogne ne perdait pas de vue, on le constate, les distractions intellectuelles de son frère et de sa belle-sœur. Il était des trois frères celui qui aimait le plus les travaux de l'esprit. A la ditlcrcncc de son père, Monseigneur, l'élève de Bossuct, qui avait promis de ne plus ouvrir de livres une fois son éducation terminée, — et il paraît bien qu'il tint parole — rélève de Fénelon conserva toute sa vie le goût et l'amour des études et des études sérieuses. Entre toutes, les questions théologiques l'intéressaient. Témoin les deux lettres qu'il écrivit à son frère sur le Cas de conscience^, opuscule qui renouvelait des tristes disputes jansénistes. Un ecclésiastique de province condamnait les cinq propositions dans le sens qu'elles présentent considérées en elles-mêmes, et indépendamment du livre de Jansénius. Mais sur la question de fait, c'est-à-dire sur l'attribution des cinq propositions au livre de Jansénius, il pensait que le silence respectueux était suffisant pour rendre aux constitutions des papes toute l'obéissance qui leur est due. Un confesseur à qui s'adressait cet ecclésiastique demandait aux docteurs de Sorbonne s'il pouvait l'absoudre.
Le récit du duc de Bourgogne est clair et le Roi d'Espagne avait devant les yeux tous les éléments de la discussion soulevée malicieusement par les Jansénistes. Le Cas de Conscience approuvé par quarante docteurs de Sorbonne, soutenus par Noailles; les deux partis en présence préparant leurs armes pour ou contre le Cas de conscience ; l'incertitude des premiers, la confiance des autres qui veulent faire condamner le Cas de conscience , et ils « ont raison, écrit le Prince; on ne doit pas