‹ Lettres (volume 2)Chapitre 21 sur 195 · XXIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXIV INTRODUCTION

attaquer la foi impunément » , tout cela est raconté en quelques lignes '.Puis c'est la rétractation des quarante docteurs, la condamnation du Cas de conscience par le pape, disant « que le silence respectueux sur le fait de Jansénius ne suffit pas pour obéir, comme on le doit, aux constitutions des papes Innocent X et Alexandre VIII ». Et le Prince se réjouit du triomphe de la saine doctrine. Il ne pouvait soupçonner que ni la Bulle Vineam, ni la Bulle Unigenitus ne termineraient les discussions sur la grâce et sur la soumission due aux jugements ecclésiastiques. Le xviii^ siècle sera rempli du bruit de ces disputes. Les Jansénistes prendront leur revanche sous le patronage du Régent et des Parlements.

Si réservé qu'il fût quand il s'agissait de grandes décisions à prendre, le duc de Bourgogne, cependant, ne s'abstenait pas toujours de donner son avis. En 1705, après la prise de Barcelone, il fut de ceux qui conseillèrent de continuer la guerre et de secourir Philippe V sur le sol même de la Péninsule. Il avait promis à son frère d'agir en ce sens et, de fait, le comte d'Aguilar sut, de source certaine, qu'il était allé trouver le Roi, lui avait parlé en grand secret et demandé comme une grâce de commander les troupes françaises qui seraient envoyées dans la Péninsule, pour y servir sous les ordres de son frère ^.

On sait de quels fâcheux insuccès furent suivis les efforts cependant considérables de Louis XIV et de Philippe V. « Voici, mon très cher frère, écrit le Prince au Roi d'Espagne, bien des malheurs coup sur coup de tous côtés, et on a besoin d'autant de religion que vous en avez pour le souffrir patiemment.

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