‹ Lettres (volume 2)Chapitre 23 sur 195 · XXVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXVI INTRODUCTION

était heureux et fier : « J"ai compris aisément la peine qu'a dû vous causer l'idée d'un démembrement de quelqu'un de vos États, et j'ai été ravi en même temps de voir la résignation avec laquelle vous vous soumettiez de tout à la volonté divine. Plus on est élevé et plein d'un sang illustre et plus on est touché de faire de pareils sacrifices... Je prie Dieu qu'il accepte votre soumission et que, par des coups de sa main toute-puissante, il vous en délivre tout à fait ' ».

L'affection que le duc de Bourgogne portait à son frère n'était point aveugle. Il s'en servait pour faire accepter des avis pénibles ; en plusieurs circonstances, ce fut à la plume du Prince que Louis XIV confia des avertissements délicats. Le Roi d'Espagne avait pris en 1706 la résolution d'appliquer à son profit les biens aliénés de sa couronne. Le duc de Bourgogne, dont la pensée n'était que le reflet de l'opinion du Roi et du duc d'Orléans, se permit de lui écrire que cette résolution « était un peu prompte dans une chose où la conscience, la justice et la politique ne cadraient pas peut-être avec cette résolution; du moins, ajoutait-il, je vois des gens raisonner ainsi en ce pays-ci- ».

L'année 1707 ne fut pas plus que les deux précédentes marquée pour le duc de Bourgogne par de grands événements. Ce prince avait alors vingt-cinq ans et sa correspondance prenait déplus en plus le caractère militaire et politique qu'elle devait garder jusqu'à la fin. Désormais les faits ne sont plus mentionnés comme de simples nouvelles ; ils sont accompagnés de considérations d'une certaine valeur. On lira avec intérêt à ce point de vue le récit que fait le Prince des opérations de Villars en Allemagne ; quelques rapprochements heureux avec la cam.-

1. Le duc de Bourgogne au roi d'Espagne, 28 novembre 1706. 1, 166.

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