‹ Lettres (volume 2)Chapitre 25 sur 195 · XXVIII INTRODUCTIO · texte numérisé non relu

XXVIII INTRODUCTIO

« On est maintenant dans l'attente de ce grand événement. J'espère que Dieu nous protégera et que l'on verra en Angleterre quelque révolution semblable à celle dont les histoires sont pleines ^ » .

La révolution n'eut point lieu. La flotte anglaise, bien loin de se tourner du côté du prétendant, l'empêcha de débarquer : « Il faut sur le tout se remettre à Dieu, ainsi que vous me le marquez dans votre dernière lettre, et II sait mieux que nousmêmes ce qui nous convient ^ » .

L'attention du public allait se porter sur un autre théâtre où le Prince devait tenir le premier rôle.

Depuis cinq ans, le duc de Bourgogne n'avait point paru aux armées. Il le ressentait avec douleur. Sa vie lui semblait inutile et on le devinait dans ses lettres. Les grands revers d'Hochstaedt, de Ramillies, de Turin l'avaient profondément ému, mais avaient laissé intacte la petite renommée qu'il s'était acquise en 1702 et 1703, puisque le Roi l'avait retenu à Versailles. Plus d'une fois, il s'était cru sur le point d'obtenir le commandement désiré. Dès 1704, il écrivait à son frère : « Tout parait dans une bonne disposition ; il n'y a que moi qui voudrais que cette situation fût telle que j'y pusse servir, et qui épie les occasions favorables^ », et dans. une lettre de 1705 il déplore de ne point rencontrer de telles occasions pour aller à la guerre, « mais il faut agir avec prudence et vivre d'espérance, me reposant sur^la sagesse du] Roi et le désir qu'il a de

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