INTRODUCTION. XXIX
m'inslruire et de contribuer à m'acquérir quelque réputation, ce qui ne peut se faire que par les faits * ».
Puis il se tait même sur ces désirs ; il renferme dans son cœur ses espoirs, il se confine dans la dévotion et dans l'étude, celle de la physique ou de l'astronomie, au grand désespoir de Saint-Simon. Cependant la Cour, la duchesse de Bourgogne en tète, poursuit sa vie légère et brillante. Le Roi ne s'y oppose point ; il aurait cru s'avouer vaincu si les amusements avaient cessé.
Le jour vint pourtant où ils s'éteignirent comme d'euxmêmes sous les coups redoublés du malheur. La naissance du second duc de Bretagne ne fut point fêtée (1707). Les dépenses inutiles eussent été des dépenses coupables. L'année 1707 s'était ouverte tristement. Les Français avaient été chassés du nord de l'Italie et le duc de Savoie mettait le siège devant Toulon. Cette fois, le duc de Bourgogne vit son rêve réalisé. Le 14 août, il écrit à son frère : « Je ne dois pas être plus longtemps, mon très cher frère, sans vous faire part de ma joie... Le Roi m'envoie en Provence commander l'armée qui doit s'assembler au commencement du mois prochain et j'espère que si les ennemis m'y attendent, on pourra les faire repentir de leur grande entreprise ^ » .
L'expédition n'eut pas lieu. Le duc de Savoie leva le siège de Toulon quelques jours après la nomination du duc de Bourgogne.
Le Prince gardait néanmoins l'espoir de partir bientôt. Le Roi l'avait désigné pour un commandement important. N'était-ce point une promesse implicite pour l'année suivante?
L'année se termina plus heureusement qu'elle n'avait commencé. La victoire d'Almanza avait, dès le mois d'avril, raf-