XXX INTRODUCTION
fermi le trône de Philippe V. Sur la frontière d'Italie, l'armée du duc de Savoie reculait ; Villars opérait glorieusement sur le Rhin ; en Flandre, Vendôme contenait les ennemis et donnait de grandes espérances pour la campagne prochaine.
Combien joyeuses sont les lettres du duc de Bourgogne : « Nous avons certainement bien des grâces à en rendre à Dieu qui nous a donné ce succès dans un temps où il ne pouvait venir plus à propos... encore un coup, mon cher /rère, bénissons le Dieu des armées et demandons la continuation de sa protection sur les deux royaumes et sur toute la chrétienté * ». « Nous n'avons pas seulement lieu de remercier Dieu des bons succès d'Espagne, puisqu'il vient de nous en donner un en Allemagne, d'autant plus considérable qu'il n'a rien coûté ; le maréchal de Villars a forcé sans coup férir ces terribles lignes de Bihel ^ qui faisaient tant de bruit depuis cinq ans ^ ».
Les cœurs se rouvrirent à l'espérance et à la joie. « Lannée 1708 commença par les grâces, les fêtes et les plaisirs », écrit Saint-Simon ; et d'ajouter aussitôt : « On ne verra que trop tôt qu'elle ne continua pas longtemps de même. »
« Voilà la campagne qui s'approche de ce côté-ci, mon très cher frère, et j'y prends enfin un intérêt plus particulier : le Roi m'envoie commander son armée des Flandres qui sera composée de ses meilleures troupes et très nombreuses ** » . C'est le 29 avril 1708 que le duc de Bourgogne annonçait cette bonne nouvelle à son frère et il ajoutait : « Vous comprenez aisément
1. Lettre, du duc de Bourgogne au roi d'Espagne, 9 mai 1707. 1,191.