XXXII INTRODUCTION
lait agir qu'avec prudence et circonspection. Celui-ci, d'une piété étroite, d'une vertu austère, celui-là, immoral et impie. L'accord était impossible ; il ne dura pas huit jours.
Le duc de Bourgogne veut marcher vers Bruxelles. Le duc de Vendôme parait céder ; mais il demande qu'on fasse d'abord le siège de Huy, petite place située sur la Meuse. Le duc de Bourgogne préfère une marche en avant sur Braine. C'était la vraie tactique. Les forces ennemies n'étaient pas encore organisées et il fallait prendre une vigoureuse offensive avec une armée supérieure en nombre et unie. Pour trancher le différend, on commença par envoyer des courriers à Versailles. Premier résultat : une semaine perdue, l'on sera bientôt forcé de se régler sur les mouvements de l'ennemi, tandis qu'on avait compté l'obliger à se régler sur les nôtres.
Le 29 mai, le Prince écrivait de son camp de Soignies à Philippe V avec une réelle perspicacité : « On dit que les ennemis veulent marcher tantôt sur Alost, tantôt vers le Bois-Seigneur- Isaac; mais je crois qu'ils attendent que nous ayons fait quelque mouvement avant que d'en faire aucun; car ils ne sont pas les plus forts. L'armée qui est ici est très belle et de bonne volonté, et M. de Vendôme n'en a pas moins de trouver une occasion de les combattre^ ». Ce jour-là même, Marlborough marche de Hal à Saint-Renelde et concilie les différents avis des chefs français en leur fermant tous les chemins du centre et de gauche. Cette opération était d'autant plus fâcheuse que le Prince Eugène, voyant l'orage fondre sur les Pays-Bas, achevait d'organiser son armée sur la Moselle et que la cour de Versailles avait ordonné de conserver des communications avec l'armée du Rhin commandée par Berwick.
Du moins, le duc de Bourgogne employa ses loisirs du
\. Lettre du duc de Bourgogne au roi d'Espagne, 29 mai 1708. I, 247.