INTRODUCTION. XXXV
toutes les marques d'une joie et d'une affection extraordinaires pour vous. Marlborough a été attrapé pour cette fois * ».
Les deux Fils de France et le Chevalier de Saint-Georges entrèrent à Gand en grande pompe. « Ce fut, ajoute Saint- Simon, une joie à Fontainebleau qui se peut dire effrénée, et des raisonnements sur le fruit de ce succès qui passaient de bien loin le but- ». En elïet, si heureuse et si brillante que fût l'entreprise, ce n'était qu'un coup de main en dehors des opérations nécessaires et qui ne gênait aucunement les combinaisons de Marlborough et du Prince Eugène. Ils ne tardèrent pas à en donner la preuve.
Nous sommes au 8 juillet. La campagne est commencée depuis le 20 mai et aucun mouvement décisif n'a encore été tenté. L'ennemi, d'abord surpris et inquiet, a eu le temps de concentrer ses troupes. Ni Vendôme, ni le due de Bourgogne ne veulent sortir de leur attitude passive. Qui est responsable de cette attente coupable ? Le duc de Bourgogne n'avait que 26 ans et était dépourvu d'expérience militaire. Vendôme était un capitaine expérimenté ; c'est à lui qu'il appartenait de concevoir un plan de campagne hardi et de l'exécuter avec vigueur. Soit paresse, soit mauvaise volonté, il reste dans l'inaction. Il se complaît à Braine-l'Alleud, un « camp abondant en fourrages », écrit-il à Chamillart, et il espère « y demeurer quelque temps ». Il fait des projets chimériques que le duc de Bourgogne hésite à exécuter. Croit-on que le Prince n'aurait pas acquiescé à un plan pratiquement conçu ; par exemple, déporter l'armée en avant et de marcher droit à l'ennemi ?
Les armées françaises n'avaient pas profité de leur supériorité. Le seul succès obtenu avait été l'œuvre du comte de Ber-