XXXVI INTRODUCTION
geyck. A partir de la prise de Gand, la campagne ira de défaites en défaites.
Le duc de Bourgogne, il faut l'avouer, semblait vivre dans une perpétuelle illusion à l'égard des projets de l'ennemi. C'est ainsi qu'après avoir conté à son frère la prise de Bruges, il ajoute, comme s'il s'agissait d'un fait sans importance : « Le Prince Eugène est arrivé avant-hier de sa personne à l'armée des ennemis, et ses troupes y seront dans quatre ou cinq jours. .. je ne crois pas que cette jonction leur profite beaucoup, d'autant plus que leurs projets doivent être présentement fort déconcertés ^ » Selon Berwick, « ce fut la prise de Gand qui détermina le Prince Eugène à précipiter la marche de ses troupes, voulant réparer par le gain d'une bataille la perte que les alliés venaient de faire. Et puis il fallait s'ouvrir le chemin de la Flandre française ^. » Le plan réussit, favorisé par les discussions incessantes des chefs français.
Devait-on attaquer Audenarde ? Vendôme pensait que la prise de cette ville importait fort au succès de la campagne. Elle eût, en effet, rendu les Français maîtres de tout le cours de l'Escaut et coupé les communications des Anglais avec la mer. Mais la place était forte, le siège devait être long. Le duc de Bourgogne ne partagea pas l'avis de Vendôme. Et de nouveau il fallut envoyer un courrier à Versailles. Cette fois, le ministère donna gain de cause au Prince. Il était impossible de prendre la ville avant la jonction des deux armées d'Eugène et de Marlborough et leur arrivée sous les murs de la place ^.
Cependant l'armée française s'avançait sur quatre colonnes, passait la Senne à Lembeke et à Tubise, le Dender à Ninove.